Horreur.net - Critique de Starship Troopers (1997)
Critique de Gillou
Le 24ème siècle. La Terre est unie et dirigée par la Fédération, autorité suprême qui tient plus de la dictature que de la démocratie. La société est divisée en deux castes : les citoyens, qui ont la majorité des droits, et les civils qui n’ont que le droit de se taire. C’est dans ce contexte qu’éclate une guerre entre les humains et les arachnides, une race extraterrestre apparemment primitive dont la force est d’envoyer des astéroïdes destructeurs sur la Terre. Johnny Rico, par amour pour sa bien aimée Carmen s’enrôle dans l’infanterie mobile et se retrouve au milieu d’une guerre sanglante.
Starship Troopers est au départ un roman de Robert A. Heinlein, un auteur reconnu dans la science-fiction. Evidemment Paul Verhoeven ne pouvait pas se contenter d’adapter fidèlement cet ouvrage qui ne se gênait pas pour glorifier l’armée ! Très peu pour le réalisateur hollandais qui, pour son troisième film de science-fiction après Robocop et Total Recall, pousse très loin son goût de la violence et de la satire.
La grande force de Starship Troopers est qu’il possède un message sous-jacent. C’est tout d’abord un très grand spectacle où Verhoeven, aidé d’un budget solide, nous offre des images qui restent ancrées dans les mémoires. Les décors sont imposants, les scènes d’action impressionnantes et les effets spéciaux magnifiques. Les séquences spatiales sont de toute beauté, quant aux arachnides ils sont incroyablement réalistes (un grand bravo au maître Phil Tippet). Le grand moment du film reste l’assaut des arachnides contre le camp retranché, qui rappelle la grande époque du western. Magistral !
Mais le film possède un deuxième niveau de lecture car derrière ce qui pourrait passer pour un film guerrier où on prend son pied à dégommer de l’alien se cache une dénonciation et une démystification de l’armée. Qu’on ne s’y trompe pas: Starship Troopers est un film pacifiste ! Si le scénario accumule les clichés et les personnages stéréotypés c’est pour mieux les dynamiter par un second degré ravageur. Certains dialogues sont d’ailleurs sans ambiguïté (« c’est l’infanterie mobile qui a fait de moi l’homme que je suis » dit avec honneur un amputé des deux jambes !!!). On ne peut s’empêcher de rire face à ces troufions de l’espace, tellement niais, qui se font mettre en charpie par les arachnides et qui en redemandent ! Et que dire de ces militaires qui apparaissent à la fin du film en tenue de cuir noir digne des nazis ! Verhoeven nous dit « Ne glorifiez pas l’armée et la guerre, ce n’est pas dans la violence et la mort qu’on devient un héros ». Message reçu cinq sur cinq.
En résumé:
Verhoeven tel qu'on l'aime. Antimilitariste, drôlement gore, féroce, jubilatoire, voilà STARSHIP TROOPERS. De la SF qui décoiffe !
Note du rédacteur: 8/10
Note moyenne de la rédaction : 9.09/10