Une suite sincère au film de Hitchcock mais qui n'est définitivement pas à la hauteur de l'original même si l'on retrouve l'inquiétant Anthony Perkins.
Plus de 20 ans après les évènements sanglants qui ont frappé le Bates Motel, Norman Bates, qui n'a jamais été reconnu responsable de ses actes, est libéré car considéré comme guéri. Lila Loomis, la soeur de Marion Crane (celle qui meurt sous la douche dans l'original), s'y oppose fortement mais rien n'y fait. Norman retourne dans la demeure familiale où il recueille bientôt une jeune femme, Mary. Bientôt, de nouveaux meurtres sont perpétrés : Norman est-il coupable ou non ? Ce qui est sûr, c'est qu'il commence à perdre à nouveau la raison...
Ce second opus, d'une série qui n'en compta pas moins que quatre (le dernier étant une préquelle réalisée pour la télé), s'avère assez dispensable. On sent chez Richard Franklin (Patrick - 1978) son souci de rendre hommage à Hitchcock - la scène d'ouverture du film reprenant la scène de la douche du Psychose de 1960 (les plus attentifs d'entre vous remarqueront également qu'avant que Norman et Mary n'entrent dans la chambre de "Mère", la célèbre silhouette de Hitchcock apparaît sur le mur à droite) - mais il faut admettre que l'élève n'est pas à la hauteur du maître.
Autant la longueur du métrage dans le film de Hitchcock contribuait à la création d'une atmosphère pesante et d'une chute lente mais désespérée dans la folie, autant les 113 minutes ici finissent par ennuyer. En effet, l'effet de surprise n'étant plus là dans cette séquelle, le spectateur n'attend qu'une chose : que Norman craque. Tout le reste n'est que bavardage. Tom Holland (réalisateur de Jeu d'Enfant) a pourtant tâché d'écrire un scénario qui apporte du nouveau à cette suite mais les lacunes sont assez nombreuses ; quant au twist final, un peu farfelu, il rappellera Vendredi 13 ou encore les fins assez grotesques des suites des slashers à la Scream où celui qui tue est le fils du beau-frère du cousin du tueur de l'original...
Il faut en outre être de bonne composition pour admettre le postulat de départ : Norman Bates, après avoir commis 7 meurtres, est relâché dans la nature, 20 après. Et lorsque des meutres commencent à être commis, le shérif ne se décide pas à l'arrêter car il n'a aucune preuve contre lui alors que ses alibis sont aussi minces qu'une feuille de cigarette ?! Alors que dans tout autre film, dans ce type de petites communautés, le shérif n'hésite pas à faire usage de la force dès qu'il a le moindre doute.
Cette suite bénéficie de la caution morale d'Anthony Perkins (c'est vrai qu'en matière de caution morale, il y a sans doute mieux que le schizophrène Norman Bates) qui incarne toujours avec conviction le rôle de Norman Bates, un personnage qui marquera définitivement sa carrière, mais aussi de Vera Miles. Dans le personnage du docteur de Bates, qui décidément ne fait pas du bon boulot, l'encourageant même à se méfier des autres, on retrouve Robert Loggia, le mafioso respectueux du Code de la route dans Lost Highway. Meg Tilly, la soeur de Jennifer (La fiancée de Chucky, Le fils de Chucky), n'est pas toujours convaincante dans son rôle mais il faut aussi reconnaître que c'est elle qui a le plus à subir les incohérences du scénario, et notamment les brusques changements d'attitude de Mary vis-à-vis de Norman.
Pour finir sur les meurtres, l'arme utilisée reste le couteau de cuisine et leur mise en scène rappelle celle du film de Hitchcock, c'est-à-dire que la caméra est centrée soit sur le visage de la victime soit sur le couteau, on voit donc très peu de choses.
Si les moments de tension sont bien présents, surtout au début du métrage, Psychose 2 finit par s'étendre en longueur et lasser son spectateur, d'autant que certaines scènes se révèlent assez répétitives.
Une suite sincère au film de Hitchcock mais qui n'est définitivement pas à la hauteur de l'original même si l'on retrouve l'inquiétant Anthony Perkins.
Note du rédacteur: 5.5/10
Note moyenne de la rédaction : /10