Retour encourageant du Wes Craven qu'on aime, avec cette petite série B pleine de surprises et rythmée. Un thriller nerveux porté par le savoir faire du réalisateur et l'interprétation de l'inquiètant Cillian Murphy.
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amusant, par ré-animagore88 (Leprechaun à Las Vegas)
Après le déjà tristement célèbre Cursed, on aurait pu croire Wes Craven définitivement hors service. Pourtant, le voilà qui nous revient plutôt en forme, avec une série B rassurante quant à la suite de sa carrière. Une série B stressante et méchante comme Wes Craven savait si bien les faire il y a quelques années, même si Red Eye, sous haute pression n’est pas du domaine fantastique, mais un vrai thriller, ce qui n’est pas vraiment une nouveauté pour le cinéaste qui a déjà effleuré le genre tout au long de sa carrière, et ce dés son premier film.
Red Eye suit exactement le schéma narratif que promettait l’excellente bande annonce : ça commence comme une gentille comédie romantique, puis ça vire brutalement au thriller machiavélique. La première partie est jubilatoire, dans le sens où elle est faussement innocente et qu’elle cache une autre facette plus retorse. De plus, on attend fébrilement le retournement de situation qui va faire passer l’héroïne du paradis à l’enfer (alors que paradoxalement, l’enfer commence ici dans le ciel). Et quand il arrive, c’est encore mieux !
Red Eye devient dés cette scène de renversement (franchement effrayante) un suspense efficace et sans temps morts. Pas une minute de répit, le cinéaste fait monter la pression (d’où le titre français) et prouve à nouveau qu’il est toujours capable de jouer avec les nerfs du spectateur (la dernière fois, c’était pour Scream 2), même avec un budget modeste (et cela s’en ressent parfois à l’écran). Le film est basique, simple, linéaire, mais ça fonctionne. Dommage que l’intérêt diminue lorsqu’on quitte l’avion (que ce soit pour suivre les deux personnages principaux ou des personnages secondaires), il aurait été plus terrifiant que Red Eye soit un véritable huit-clos, ou même les évènements extérieurs seraient inconnus, ou racontés par les deux personnages principaux.
Si Red Eye fait naître le stress (à défaut de vraiment faire peur), c’est en grande partie grâce à la performance mémorable du faussement angélique Cillian Murphy (le héro de 28 jours plus tard et l’Epouvantail dans Batman Begins), aussi charismatique que troublant, capable de passer en un seul plan (et sans faire de grimaces) d’un gentil jeune homme à un dangereux psychopathe. On pense bien sûr au Ray Liotta de Turbulences à 30 000 pieds, d’ailleurs les quelques rares à avoir aimé ce dernier devraient apprécier Red Eye. Face à l’impressionnant Cillian Murphy, la jolie Rachel McAdams (Serial Noceurs, Lolita malgré moi) fait une victime convaincante et aussi tenace que son bourreau.
Le duel aussi bien physique que psychologique entre ces deux personnages constitue l’aspect le plus réussi du film. Ils ne s’épargnent rien. La séquence finale, jeu de cache-cache et de poursuite entre le tueur et sa proie dans la maison de cette dernière, est d’ailleurs un joli pied de nez aux Scream, et c’est bien le bon Wes Craven que l’on retrouve avec Red Eye, le cinéaste étant toujours aussi attaché aux huit-clos, aux monstres humains, à la confrontation proie / chasseur, aux histoires à tiroirs (on a ici un rebondissement toutes les 5 minutes) et aux séquences grandguignolesques. Red Eye, sous haute pression est un pur petit film de Wes Craven, et ça fait franchement du bien de le voir revenir avec cette petite série B honnête, old scholl (un parfum des années 80 plane, jusqu’à la musique), énergique et bien emballée (techniquement, mention aux scènes dans l’avion, de loin les meilleurs).
Bien sûr, c’est loin d’être un film parfait. Les ficelles scénaristiques sont grosses, l’intrigue accumule les invraisemblances (ça part vraiment en vrille, vers la fin), les seconds rôles sont fades (même Brian Cox n’est pas terrible) et Red Eye a parfois des allures de téléfilms (surtout lorsqu’on quitte l’avion). Mais on s’amuse tellement (on aurait même souhaité que cela dure un peu plus longtemps, la fin étant assez précipitée) que l’on passe outre ces défauts. Wes Craven, qui n’a jamais eu la prétention de réaliser des chefs d’œuvre, doit continuer dans cette voix pour remonter la pente, et c’est bien parti avec ce petit thriller captivant…
Retour encourageant du Wes Craven qu'on aime, avec cette petite série B pleine de surprises et rythmée. Un thriller nerveux porté par le savoir faire du réalisateur et l'interprétation de l'inquiètant Cillian Murphy.
Note du rédacteur: 7/10
Note moyenne de la rédaction : 6.75/10