Un inoffensif film d’épouvante qui rassemble tout les clichés imaginables du film de fantômes et du film "sataniste". Tout y est prévisible et on s'ennui ferme en attendant désespérément une once de débordement (si vous espérez un peu de gore, passez votre chemin).
Que pouvait-on attendre de ce 11 : 11 au sujet déjà vu et rabaché ? Au moins un bon film d’épouvante. Et finalement, pas grand-chose d’épouvantable dans ce 11 : 11 (rien à voir avec l’excellent 11 : 14 onze heures quatorze). A l’âge de 7 ans (pas 6 ni 8, 7 ans), Sarah tue les assassins de ses parents, deux taulards égarés venus tuer on ne sait pourquoi la p’tite famille dans leur maison de campagne. 18 ans après (rassurez-vous, ce n’est pas la daube de Coline Serreau), Sarah souffre toujours de visions cauchemardesques. Est-elle névrosée ou doit-elle comprendre quelque chose de ces visions ? Plusieurs personnes qui sont hostiles à Sarah meurent brutalement et mystérieusement, et Sarah voit apparaître à plusieurs reprises un double 11, qui semble la prévenir d’évènements terribles. Mais que se passe t-il donc ? Même en ayant vu le film, je serais bien incapable de répondre à cette question guère captivante…
Héroïne tourmentée (donc incomprise, solitaire et bizarre aux yeux des autres) qui voit des gens qui sont morts, mort qui veut faire comprendre quelque chose à Sarah, fantômes sur des vidéos, visions sans queue ni tête, flashbacks en pagaille, héroïne soupçonnée de meurtres et de folie, portes qui s’ouvrent toute seules, prophéties stupides, apparitions soudaines, fin du monde pour bientôt, diable, phénomènes paranormaux (avec les appareils qui servent à les analyser), etc. Une véritable compilation du film de fantôme et du film sataniste (et ce dés la scène d’ouverture), avec en prime une bande-son ridicule (qui prête parfois à sourire tant elle est appuyée), des clichés à la pelle (y compris des clichés du teen movie, puisque le film se passe en partie dans une fac), un scénario sans queue ni tête mais pourtant terriblement prévisible (la rousse, on met moins de cinq minutes à deviner qui elle est vraiment, quand aux effets censés faire sursauter, on les voit venir de loin) , des effets de style foireux et pompeux (mention aux accélérés et aux flashacks) et des interprètes bien fades (dont l’héroïne, une sous Jennifer Connely qui fait la tronche tout au long du film). 11 : 11 est un film de couloirs mou et inintéressant (à la fin, on se dit : « tout ce bordel pour ça… »), et surtout même pas violent ! Les quelques meurtres sont occultés soit par des ellipses (fondu au noir, puis on passe à autre chose…) soit par un montage épileptique. Il n’y a quasiment aucune goutte de sang, aucun débordement. Le réalisateur Michael Bafaro (The Barber, pas le film avec Billy Bob Thornton, mais celui avec Malcolm McDowell en serial killer) ne fait preuve d’aucune imagination, ni pour donner du punch au film, ni pour surprendre le spectateur, malgré une fin gentiment pessimiste.
Donc on l’aura compris, 11 : 11 ne fait pas bien peur. Deux ou trois frissons (quand par exemple une victime se rend compte qu’elle est morte en découvrant son propre cadavre, une scène pourtant boursouflée et inutile), mais rien de plus si ce n’est de l’ennui. Bien des téléfilms sont plus captivant que cet inoffensif film d’épouvante incohérent et à la fois incompréhensible, simpliste et prévisible (autrement dit : un foutoir pas possible pour un truc tout bête). Même la photo est moche, alors que la plupart des films ratés du genre ont quand même une jolie photo. Réalisé en 2004, ce 11 : 11 était périmé avant même d’être fait…
Un inoffensif film d’épouvante qui rassemble tout les clichés imaginables du film de fantômes et du film "sataniste". Tout y est prévisible et on s'ennui ferme en attendant désespérément une once de débordement (si vous espérez un peu de gore, passez votre chemin).
Note du rédacteur: 2.5/10
Note moyenne de la rédaction : 2.50/10