Avec ce film devenu un classique, le pape de la série B, Roger Corman, inaugure
un cycle de huit long-métrages adaptés de l’œuvre de l’écrivain américain Edgar
Allan Poe. Il pose les fondations des œuvres suivantes : films d’époque, budgets
réduits, tournages en studio, utilisation maximale des décors, et surtout une
interprétation très « libre » des nouvelles de Poe.
La Chute de la Maison Usher est un film de maison hantée. Roderik
et Madeline sont inextricablement liés à l’étrange demeure familiale qui les
tient prisonniers d’une étrange malédiction. Forcément la folie sera au rendez-vous.
Pour filmer ce drame, Corman utilise le Cinémascope pour nous offrir des images
de toute beauté. La photographie est superbe et les couleurs splendides. Il
collabore pour la première fois avec l’écrivain Richard Matheson, auteur du
roman culte Je suis une Légende et scénariste pour la série La Quatrième
Dimension (et bien plus tard pour Duel de Spielberg). C’est aussi
le premier film où il dirige Vincent Price. Un choix judicieux tant l’acteur
joue à merveille le torturé Roderik Usher.
Certes le film a quelques défauts, le principal étant sa réalisation statique
qui manque singulièrement de rythme. De plus les dialogues sont parfois très
envahissants. A plusieurs moments on frôlerait presque l’ennui ! Mais La
Chute de la Maison Usher est un film qui vaut le coup d’œil, sauf si évidemment
on est un(e) adepte de Mortal Kombat !