Ripley, Newt, Hicks et Bishop sont en route pour la Terre, profondément plongés dans un sommeil cryogénique. Mais un alien s’est introduit dans le Sulaco. Il provoque un incendie, et les passagers sont éjectés dans une capsule de secours qui s’écrase sur la planète Fury 161. Ripley est la seule survivante et se retrouve sur une planète pénitentiaire où elle n’est pas vraiment la bienvenue. Entre l’animosité des détenus qui ont créé une secte sous la tutelle de leur gourou Dillon, et la méfiance du directeur de la prison, elle va trouver pour seul réconfort la compagnie du médecin Clemens. Mais les premiers incidents surviennent : un alien est arrivé avec elle.
6 ans après le film de James Cameron voici le troisième chapitre de la saga Alien. Aux commandes du film un illustre inconnu (à l’époque) David Fincher, âgé de 28 ans. Un homme qui a fait ses armes à I.L.M. la société d’effets spéciaux de George Lucas, et qui est alors surtout connu pour ses pubs pour un célèbre équipementier sportif et ses vidéo-clips pour Madonna (Vogue) et Paula Abdul. Pour son baptême du feu Fincher s’est donc retrouvé sur un budget de 60 millions de dollars dont le développement a été un enfer puisqu’une dizaine de scénaristes se sont succédés sur le script, sans qu’aucune version définitive n’ait satisfait les pontes de la Fox. Le script a continuellement été réécrit durant le tournage, un tournage très difficile pour Fincher qui a bataillé bec et ongles pour imposer sa vision.
Le grand mérite du film est de conserver la mythologie de la saga tout en trouvant un style propre. Après la terreur glacée d’Alien et l’action débridée d’Aliens – Le Retour, l’accent est mis cette fois sur l’ambiance. Une ambiance gothique, quasi-moyenâgeuse avec ces décors plongés dans des lumières ocres (magnifique photographie du vétéran Alex Thomson) et habités par des détenus, je devrais plutôt dire des moines, qui ont fait vœu de chasteté. La prison est un lieu où règne la saleté, la vermine, où la technologie est réduite au strict minimum. Une austérité qu’on retrouve chez les détenus, ces criminels repentis qui ont « trouvé la foi dans le trou du cul de l’espace » dixit Ripley. Prisonniers et matons sont arrivés à créer une certaine harmonie dans ce lieu hostile, jusqu’à ce qu’arrive Ripley. Elle va casser cet équilibre fragile et apporter le chaos. En un sens c’est elle l’alien !
Tous vont devoir cohabiter pour survivre et détruire l’alien qui les traque un par un. C’est alors que la dimension religieuse du film prend tout son sens. Car Alien 3 est un film profondément religieux, ce qui ne veut pas dire qu’il prône la lecture de la Bible ! En transfigurant Ripley en Jeanne d’Arc moderne, en assimilant l’alien à la Bête de l’Apocalypse, en montrant le sacrifice et la quête de rédemption des détenus, le film atteint une spiritualité qu’on ne retrouve pas dans ses prédécesseurs. Gonflé, Fincher n’hésite pas dans la dernière partie à faire de ces assassins et violeurs les véritables héros du film. Ce parti pris très risqué (d’ailleurs le film n’a pas très bien marché aux Etats-Unis) apporte un véritable cachet à Alien 3 qui se conclut sur une scène sublime, illuminée par la musique magnifique d’Elliot Goldenthal.
Thématiquement Alien 3 est donc un véritable tour de force. Visuellement c’est un bonheur (photographie, effets spéciaux et décors sont grandioses) et l’interprétation est de tout premier ordre, avec une Sigourney Weaver qui trouve peut-être son meilleur rôle. Un film qui clôt magistralement la trilogie… Enfin, ce qui aurait dû être une trilogie. Mais la suite allait démontrer le contraire.
En résumé:
Un film qui renouvelle avec maestria la mythologie ALIEN. Coup d'essai, coup de maître pour David SE7EN Fincher.
Note du rédacteur: 9/10
Note moyenne de la rédaction : 7.83/10