CHUD: Cannibalistic Humanoid Underground Dwellers ; en français: Cannibale Humanoïde Usurpateur Dévastateur… Tout un programme.
Ici, pas besoin de carbone 14 pour dater l’œuvre.
Hommage aux monster movies des années 50 conjugué à un renouveau de la crainte par rapport à la prolifération nucléaire (cf. aussi dans la même veine les films Impulse, de Graham Baker, ou encore Radioactive Dream, d’Albert Puyn), ce film est caractéristique des productions de série B des années 1980, tant par le jeu des acteurs que par un certain nombre de séquences, mais avec cette particularité d’être plutôt bien fait. Une bonne surprise d’autant que ce film fut le seul réalisé par Douglas Cheek.
Plusieurs personnes disparaissent dans les rues de New York, happés par des monstres qui résident dans les égouts. Un policier, un journaliste et un bénévole de la soupe populaire, vont être confrontés à la triste réalité des mutations génétiques.
Ce film nous offre une peinture assez réaliste et sordide d’un New York urbain gangrené par la pauvreté et l’insécurité, à l’instar de Maniac ou de la série des Un justicier dans la ville. Le cadre principal est ici celui des sans-logis que l’on retrouvera également comme vedettes, mais dans un style complètement différent, dans Street Trash.

Ce film a également la particularité de dépeindre assez justement la psychologie des différents protagonistes, ce qui est suffisamment rare pour être souligné, même si l’intrigue s’en ressent parfois. Le tout servi par des interprètes de qualité : on y retrouve John Heard et Daniel Stern (qui partageront également l’affiche de Maman, j’ai raté l’avion et de sa séquelle), mais aussi Christopher Curry et Kim Greist (Brazil).
La tension est assez bien construite, même si le film reste véritablement de facture classique, agrémentée d’effets spéciaux utilisés avec parcimonie, une tête arrachée par ci, une main de monstre par là, seuls les yeux des monstres de type lampe torche venant un peu gâcher l’ensemble.

CHUD a donné lieu à une séquelle, CHUD II : Bud the Chud, réalisé en 1989 par David Irving avec pour scénario de départ une idée assez proche du Jour des morts-vivants (1985) : ressusciter les morts pour s’en servir comme guerriers invincibles.
Pour conclure, un film classique, certes, mais plutôt efficace, de science-fiction peut-être plus que d’horreur, qui mérite d’être vu, ne serait-ce que pour verser une petite larme de nostalgie.