Henry Creedlow a toujours suivi les règles qu'on lui impose mais sa vie n'a pas
de quoi faire envie: sa femme le trompe depuis des années, un patron qui
l'humilie au travail, son meilleur ami l'escroque sans que celui-ci s'en rende
compte, une femme de ménage sans scrupules... Un matin, Henry se réveille
avec un masque
blanc impossible à ôter en lieu et place du visage. L'occasion pour lui de se venger de
tout ceux qui ont noirci sa vie.
Henry
Creedlow
Dernier film de Romero
(réalisateur de la célèbre trilogie des Morts-vivants) depuis La part des
ténèbres, qui date tout de même de 1993, Bruiser a donc de quoi ravir
les fans de Romero, grand pionnier du cinéma d'horreur. Mais une si longue
attente est-elle justifiée et au final, obtient-on un film d'horreur comme on
les aime? A mon avis non. Si le synopsis peut, sur le papier, sembler
intéressant, il n'en est pas du tout de même sur l'écran et l'on aurait pu
prévoir des effets "gore" comme Romero les apprécie. Mais au final, c'est un
film thriller/fantastique -parfois aux airs de téléfilm baclé- que l'on voit et
ce ne sont pas des scènes dans lesquelles le héros, frustré, imagine -en rêve-
comment il tue sa femme (ce qui rappelle étrangement Creepshow) ou ceux qui l'énervent qui vont rehausser
le niveau (néanmoins, on aperçoit une belle tête écrasée par un train). Car on
aurait pu prévoir de la part d'un réalisateur aussi talentueux une revanche
sanglante et originale mais les meurtres sont plats et sans
saveurs.
Romero sur le tournage de
Bruiser
On assiste alors à un film
peu original, à la réalisation digne d'un téléfilm de M6 et dont la trame suit
simplement la recherche d'un tueur. En effet, le film se perd car aucune partie
n'est développée. On aurait pu s'attendre à une description plus précise -voire
plus ambigüe- du mal qui ronge le héros, il n'en est point. On ne sait donc pas
de quel côté de Creedlow il faut se ranger. Faut-il le hair ou se rallier à sa
cause? On aurait pu s'attendre à ce qu'il traque plus longuement ses victimes, à
une symbolique des masques plus étoffée, bref à un film étonnant, point du
tout. Pourtant, le thème de la perte d'identité semblait cher à Romero depuis
"la Part des ténèbres" mais il aurait du être plus developpé, notamment grâce à
la seule "vraie" amie de Creedlow, Rosemary, créatrice de
masques.
Finalement, et cela peut
être contradictoire avec ce que j'ai dit, même si Bruiser n'est pas le meilleur
film de Romero, loin de là, on ne s'ennuie pas une seconde durant la projection:
un scénario simple, de bons acteurs (Jason Flemyng, prochainement dans From
Hell, Peter Stormare, un des kidnappeurs dans Fargo) et une
réalisation quoique parfois défaillante mais pourtant solide. Ce que l'on peut
juste reprocher au film (et c'est déjà pas mal! ), c'est le manque de
developpement des différents thèmes majeurs.
Malheureusement, Bruiser
n'est toujours pas sorti en France et il mériterait largement d'être vu.
Espérons qu'on le verra arriver assez rapidement sur nos écrans, d'autant que le
Studio Canal a collaboré à la production. 7 ans d'écart entre ses deux derniers
films et il nous faut encore attendre!