Proteus IV, l’ordinateur le plus puissant du monde, muni d’un cerveau artificiel qui a nécessité plusieurs années de recherches, est enfin mis à la disposition des humains l’ayant crée. Très vite, Proteus manifeste une vraie conscience et désire étudier l’homme. Le professeur Harris (Fritz Weaver, vu dans Creepshow et Marathon Man), son créateur, lui refuse cette autorisation. Mais alors que Harris s’absente pour trois mois, l’ordinateur investit, de sa propre initiative, la demeure technologique du savant, avec à l’intérieur son épouse Suzan (Julie Christie). Elle devient la prisonnière de Proteus, qui lui annonce bientôt son intention de la féconder afin de créer un être qui réunirait intelligence et humanité. Proteus désire vivre et il est prêt à tout pour cela, même à tuer.
Ce film de science fiction méconnu réalisé en 1977 par Donald Cammell se révèle effrayant par son réalisme et par son thème, l’intelligence artificielle prenant le dessus sur l’intelligence humaine. Bien que le thème de l’ordinateur qui prend le contrôle sur les humains ai déjà été traité au cinéma, de 2001 l’odyssée de l’espace à Fortress, c’est ici la première fois qu’il est abordé avec autant de crédibilité, malgré l’absurde des situations (l’ordinateur qui féconde Julie Christie !). Génération Proteus prend la forme d’un huit clos sitôt que Julie Christie est enfermé dans sa propre maison, une maison que Proteus contrôle entièrement. Un huit clos dans lequel s’affrontent Julie Christie et Proteus, l’humain et la technologie. La maison devient une prison pour l’Homme, la technologie prend en otage l’humain. Le machiavélique ordinateur développe petit à petit son plan, utilisant la femme qu’il séquestre à ses fins. Les humains, y compris le spectateur du film, se révèleront impuissants face à l’intelligence de l’ordinateur qui ne peut pas se rendre compte de sa folie.
Les scènes ou Proteus s’exprime et agit donnent des frissons, et la conclusion du film est terrifiante (un plan final tétanisant). Julie Christie, habitée par son personnage, exprime toute la peur et la terreur qu’on pourrait avoir à sa place. D’autant plus que de nos jours, là où la technologie évolue de plus en plus, le sujet est toujours aussi effrayant. Le film va même plus loin, abordant d'autres thèmes toujours d'actualité (la génétique, la folie scientifique...). Le cinéaste réalise là un film à l’atmosphère froide et étrange, au cadre soigné (la réalisation est impressionnante), ponctuée par les visions de Proteus. Génération Proteus est un film oppressant et dérangeant (voir même malsain), en particulier lorsqu'on découvre petit à petit ou veut en venir Proteus. A noter que c’est le grand Robert Vaughn qui prête sa voix à l’ordinateur, bien qu’il ne figure ni sur l’affiche ni dans lé générique de fin.
Les effets spéciaux sont également toujours efficaces et réalistes, malgré l’âge du film, et on a le droit à quelques effets gore. Captivant, alors qu'il ne se passe finalement pas grand-chose (le rythme est lent et la tension s’installe progressivement). Le très rare réalisateur Donald Cammell (Wilde side avec Anne Heche et Christopher Walken) s’est suicidé en 1996 à causes des difficultés de montage de son dernier film. Il adaptait avec "Génération Proteus" un roman de Dean R. Koontz ("La peste grise", "Le monstre et l’enfant", "Souvenirs de l’au-delà"…), "La semence du démon"…