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PERDITA DURANGO

  EN BREF:

Kevin : (7.5/10)

Un road-movie surprenant bien dans l'esprit du cinéma d'Alex de La Iglesia. Une petite perle noire totalement décomplexée, violente, sexuelle et totalement déjantée. Un film qui est passé quasiment inaperçu lors de sa sortie et qui mérite pourtant largement mieux que ce relatif oubli.

 

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PERDITA DURANGO
( Perdita Durango - 1997)
 

Réalisé par Alex De La Iglesia

Staff

7.007.007.007.007.007.007.00 (7.00)

Lecteurs

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Critique

La musique du film

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  Horreur.net - Critique de Perdita Durango (1997)

Critique de Kevin (7.5/10)

Perdita Durango, une femme solitaire venu au Mexique répandre les cendres de sa soeur, rencontre l’étrange Roméo Dolorosa un tueur sans scrupule adepte de magie noire vaudou. Les deux protagonistes deviennent amants Dans leur périple de sexe et violence ils kidnappent un jeune couple américain en vacance au Mexique. Toujours sur un mauvais coup, Dolorosa se voit confier le transport d’un camion rempli de fœtus pour le compte de la mafia. Mais la route menant jusqu’à Las Vegas sera parsemée de policiers, d’assassins, de journalistes et par les parents des jeunes gens enlevés.

Adaptation d’un roman de Barry Gifford (Sailor et Lula et le script de Lost Highway), Perdita Durango est la séquelle déclinant la vie d’un des personnages de Wild at heart qui était interprêtée dans le film de David Lynch par Isabella Rossellini. Nouvelle métaphore de la route comme représentation de l’existence et de la vie (thème cher à Gifford), l’auteur est donc crédité ici comme co-scénariste et adapte lui-même son roman intitulé 59° & raining – The story of Perdita Durango.
A la tête de ce road movie, nous trouvons l’espagnol Alex De la Iglesia bien connu à l’époque pour avoir remporté le Grand Prix du festival de Gerardmer avec son excellent Le Jour de la Bête (avec son curé essayant de faire de mauvaises actions pour attirer l'antéchrist) l’année précédente et pour avoir réalisé le déjanté Action mutante (avec ses frappadingues terroristes handicapés) en 1993. Une nouvelle fois De la Iglesia va nous livrer une nouvelle perle pleine de folie et d’absurde comme le seront également ses œuvres futures que sont Muertos de risa, 800 balles ou bien encore Le crime farpait. Ce Perdita Durango tourné aux Etats-Unis avec un budget confortable ne déroge pas à la règle et réserve de nombreux moments bien allumés.

Bien que le film soit violent, immoral et dérangeant, le cinéaste impose toujours sa touche iconoclaste et cynique parfois à la limite du burlesque (tout le personnage du flic qui subit à longueur de film une violence de dessin animé sans jamais mourir) ce qui confère à l’œuvre un ton baroque et complètement fou qui souligne bien le fait que nous ne sommes pas ici dans une représentation réaliste de la violence. Le film dérange cependant au détour de quelques scènes comme la tentative de sacrifice humain sur le jeune kidnappé ou les viols simultanés de la jeune fille par Roméo et du jeune homme par Perdita. Un double viol qui impose ici un malaise par son machisme et son immoralité (la jeune fille dépucelée prend du plaisir et se découvre sexuellement). Cet apparent chemin de croix ne se terminera cependant pas par un drame mais au contraire semblera avoir fait véritablement naître à la vie réelle nos deux tourtereaux qui semblent bien plus épanouis et heureux de vivre après cette expérience au cœur de la violence et de la mort.
Ici, nos deux fauves que sont Perdita et Roméo font subir une violence aléatoire à ceux qui se trouvent sur leur chemin (témoin cette séquence dans laquelle ils choisissent qui sera la personne kidnappée) sans se soucier ou avoir la conscience d’un quelconque prix de la vie humaine. Seul compte leur propre plaisir, « baiser et tuer » étant selon Perdita les deux choses valables dans la vie, ce qui les rapproche quelque peu des deux « héros » du Tueurs nés d’Oliver Stone.

Par ailleurs, au-delà de son ton sarcastique le film ne se dépeint jamais d’un amour cinéphilique pour le Hollywood des années 50, puisque l’on verra des références diverses éparpillées tout au long du métrage. Exemple cette séquence dans laquelle un shérif fasciné par les lèvres d’Ava Gardner se fait faire une fellation par la grosse femme de ménage du commissariat en regardant la photo de la star, ou bien encore la magnifique référence au film fétiche de Roméo Dolorosa : Vera Cruz de Robert Aldrich. Nous verrons ainsi le jeune Roméo assister à la projection du film et à la scène finale dans laquelle Gary Cooper abat Burt Lancaster. Un épisode de son enfance qui le marquera tellement (« les dents blanches de Lancaster ») que celui-ci au moment de sa mort revivra la scène avec un sourire béat sur le visage, imaginant que Gary Cooper vient de lui tirer dessus. Il est dès lors devenu son idole et est mort comme il l’a toujours souhaité, laissant Perdita prête à reprendre la route en solitaire. Quelques clins d’oeils également à l’extrême Manga Urotsukidoji (sur un écran de télévision) ou aux catcheurs mexicains (Santo).

La relation violente et crue des deux personnages principaux montre bien l’instinct sauvage et indomptable qui régit leurs vies, et leurs personnalités participent indéniablement à l’étonnant et détonnant cocktail proposé par De La Iglesia. Cependant ce mélange des tons et ce vent de liberté et de sauvagerie ne sera pas apprécié par tous lors de la sortie du film. En effet, le premier film américain (et seul à ce jour) de Alex De la Iglesia ne souffre en aucun cas d’impersonnalité. Le cinéaste a pu s’exprimer librement et faire passer l’essentielle de sa vision. Cependant, le film intitulé Dance with the devil aux USA va connaître de nombreux problèmes avec les commissions de censure du monde entier. Même en France le film qui ne sortira pourtant qu’en vidéo (triste sort que celui réservé aux films de De La Iglesia dans l’hexagone !) sera expurgé d’un quart d’heure comme la version US (pour être vraiment précis celle-ci sera vendu comme uncut et fera 126 min au lieu des 121 de la version américaine). La véritable version intégrale elle, n’est véritablement disponible qu’en Espagne où le métrage atteint les 136 minutes et présente de nombreuses séquences jugées trop extrêmes comme une crucifixion, quelques scènes de sexes, le rituel de Dolorosa beaucoup plus sanglant et la découverte d’un fœtus sur une route… (quelques unes de ces séquences sont pourtant visibles sur la bande-annonce française). Tout ceci va fortement contribuer à la réputation sulfureuse du film, il est vrai peu avare en fusillades, en scènes sadiques et en sexe, sans jamais toutefois se départir d’un ton satirique et sarcastique. Peu enclin à percevoir l’humour qui ce cache derrière cette violence, la commission de censure US classera le film NC-17 (interdit aux moins de 17 ans) puis R. Idem à Hong-Kong ou le film sera catégorie III (classification accordée aux film les plus extrêmes) et dans un premier temps carrément purement et simplement interdit en Irlande et en Corée du sud.

Au final, le film s’avère être un métrage terriblement divertissant des genres et des tons qui confirme l’aspect décidemment fun et intéressant des films du cinéaste espagnol. Dôté d’un bon casting (Javier Bardem en tête), ce road-movie oublié et passé quelque peu inaperçu mérite d’être redécouvert. Espérons que la côte montante du réalisateur (Mes chers voisins, 800 balles et Le crime parfait ont bénéficiés d’une sortie cinéma en France et d’éditions DVD très correctes) permettent à tous ses films de bénéficier d’une plus large distribution.

Kevin

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En résumé:

Un road-movie surprenant bien dans l'esprit du cinéma d'Alex de La Iglesia. Une petite perle noire totalement décomplexée, violente, sexuelle et totalement déjantée. Un film qui est passé quasiment inaperçu lors de sa sortie et qui mérite pourtant largement mieux que ce relatif oubli.

 

Note du rédacteur: 7.5/10
Note moyenne de la rédaction : 7.00/10

 

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