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 11 : 14 ONZE HEURES QUATORZE

  EN BREF:

HellJohn : (7.5/10)

Entre comédie noire et thriller vicieux, "11H14" est un petit film astucieux et truffé de détails gore jubilatoire. Mémorable et efficace !

Staff

7.257.257.257.257.257.257.25 (7.25)

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8.448.448.448.448.448.448.448.44 (8.44)

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11 : 14 ONZE HEURES QUATORZE
( 11:14 - 2003)

Réalisé par Greg Marcks
Sortie le 01 Décembre 2004

Fiche

Critique

La musique du film

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 DVD (1)

Avis des lecteurs (9) 

  Horreur.net - Critique de 11 : 14 onze heures quatorze (2003)

Critique de HellJohn (7.5/10)

11:14 nous propose de découvrir plusieurs évènements qui ont lieu au même endroit (à Middleton) et au même moment (entre 10 :50 et 11 :30). Des évènements qui sont en fait tous liés, et qui ont tous des répercussions les uns sur les autres. Ainsi, on assiste à la construction du puzzle qui a amené l’accident lors de la première scène du film, à 11 :14 précise, et des flashbacks retournent aux origines de l’accident et racontent ce que faisaient les autres personnages concernés. Ces incidents apparemment sans aucun lien les uns envers les autres se croisent et se recoupent tous vers cet accident ou un jeune homme (Henry Thomas) percute en voiture quelque chose tombé d’un pont. Inutile d’en dire plus, le plaisir du film réside justement à découvrir au fur et à mesure, à travers plusieurs histoires différentes qui vont se rejoindre, la totalité de ce qui s’est passé pendant cette demi heure. Plus les scènes s’assemblent, plus le fait divers macabre prend forme, jusque dans les moindres détails…

Le détail est une des grandes qualités de ce 11:14. Greg Marcks, dont c’est le premier film, fait preuve d’un sens du détail visuel et narratif jubilatoire, jusqu’au plus glauque. 11:14 fourmille d’ailleurs d’idées aussi saugrenues que méchantes (le pénis coupé, la scène sur la tombe…), faisant de ce film un thriller piquant et parfois drôle (rires jaunes). Le réalisateur scénariste n’épargne pas ses personnages (pauvre Ben Foster), par ailleurs tous coupables de quelque chose (aucun n’est bon ou mauvais, ils font juste des erreurs au mauvais moment au mauvais endroit) et pousse assez loin la description des faits, jusqu’aux petits détails gore et trash. Si 11:14 mérite l’appellation « trash », c’est surtout dans cette profusion de détails salaces qui ajoutent autant d’humour que d’impact aux séquences. Les évènements sont également plutôt incongrus, mais le traitement appliqué à l’histoire est réaliste. C’est ça qui est assez effrayant, voir parfois malsain, c’est que tout ce à quoi on assiste est réaliste. C’est le genre de choses qu’on peut lire dans les journaux dans la rubrique « faits divers ». Greg Marcks dissèque l’un de ces faits divers avec un point de vue omniscient, témoin de plusieurs scènes au même moment à plusieurs endroits différents. Grâce à ce scénario malin et minutieux, 11:14 est un film qui accroche dés les premières minutes, et qui pourra se revoir plusieurs fois. Car même à la deuxième ou troisième vision, on pourra encore y remarquer des détails que l’on avait pas remarqué auparavant, ou encore tout simplement admirer la perfection de ce scénario imprévisible et sans cesse surprenant, qui exploite avec malice un sujet acrobatique et risqué (un exercice de style).

A l’image du scénario, la réalisation est astucieuse, ni clippesque ni tape-à-l’œil, mais là aussi truffée de petites idées dévoilant les détails. Les effets sont discrets mais ajoutent de l’impact à certaines scènes (excellente scène « d’amour » sur la tombe, macabre à souhait). Le film est particulièrement bien construit (l’ordre des séquences et des évènements montrés est pertinent), le montage étant lui aussi réglé au millimètre. De plus, 11:14 possède une ambiance de nuit (le film se déroule entièrement de nuit) envoûtante voir fantomatique (à la limite du fantastique), en partie grâce à la superbe photo de Shane Hurlbut (pourtant un débutant, on lui doit seulement les images de Crazy / Beautiful) et à la bande son du génial Clint Mansell (surtout connu pour Requiem for a dream , mais on lui doit aussi les excellents scores de The Hole, Les hommes de main, Sahara ou encore Calculs meurtriers), aussi originale que le film. Une musique cohérente avec ce qui est montré à l’écran, soulignant le rythme dans lequel les évènements se déroulent ; par exemple, un personnage stressé doit agir dans l’urgence, et une petite musique à base d’un « tic-tac » se déclenche. De même, lorsque l’on se rapproche de la fin, lorsque la boucle s’apprête à être bouclée, le thème principal (entraînant) entendu lors du générique de début ressurgit petit à petit. Tout est cohérent dans ce film, aussi bien dans la forme que dans le fond. Le rythme est entraînant (à l’image du thème principal), l’histoire intrigante, et plus il avance, plus le film gagne en intérêt.

11:14 présente une poignée de personnages tous innocents au départ, mais dont les actes pas toujours réfléchis (et parfois involontaires) vont amener ces incidents. 11:14 est une succession d’actes amenant à la fatalité. Aucun personnage n’en ressort indemne, ils seront tous marqués. Le film montre qu’une petite erreur peut amener, de fil en aiguille, et par malchance, un fait grave. Ces personnages victimes sont incarnés par une pléiade de bons petits acteurs, de Hilary Swank (aussi productrice, et qui possède ici un certain charme même enlaidie) à Rachel Leigh Cook (dont la carrière n’est pas très brillante, ça fait plaisir de la retrouver dans un si bon film), en passant par Ben Foster (le garçon névrosé de Otage, on l’a aussi vu dans The punisher et Le livre de Jeremie, et bientôt X-Men 3), Patrick Swayze (encore dans un second rôle marquant), Henry Thomas (ici halluciné), et même Barbara Hershey (pour un petit rôle) ! Pas mal, comme casting, pour un premier film. Car 11:14 est aussi un film de personnages et de personnalités.

11:14, qui fut présenté au festival de Deauville, est un suspense aussi original que captivant, un riche petit film passé inaperçu au cinéma mais qui devrait gagner de la valeur avec le temps. L’affiche annonce en gros « Par les producteurs de Requiem for a dream », mais 11:14 n’entretient aucun rapport avec celui-ci (si ce n’est Clint Mansell et…les producteurs). Entre comédie noire et thriller vicieux, ce premier film maîtrisé de Greg Marcks (qui tourna tout le film dans sa commune natale) est une réussite à tous les niveaux. Ce n’est peut être pas un film ambitieux ou « important », mais on éprouve un vrai plaisir à regarder ce 11:14 sans prétentions malgré sa virtuosité narrative. Le final ironique fermera ce petit tour, revenant à la première scène du film. 11:14, c’est un peu Magnolia (pour le coté destins croisés) version plus glauque et dynamique.

 

HellJohn

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En résumé:

Entre comédie noire et thriller vicieux, "11H14" est un petit film astucieux et truffé de détails gore jubilatoire. Mémorable et efficace !

 

Note du rédacteur: 7.5/10
Note moyenne de la rédaction : 7.25/10

 

 

 

 

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