| Présenté à la Quinzaine des réalisateurs au prestigieux Festival de Cannes de même qu'au Festival de Sundance, Wolf Creek a été considéré par nombre de critiques comme l'un des films le plus terrifiants des dernières années. D'ailleurs, chose exceptionelle, les cartes d'identité étaient demandées à l'entrée des salles de cinéma. Pour un "survival" australien à petit budget, voilà une série d'honneurs rares et alléchants. En gros, Wolf Creek ne peut pas faire autrement que de décoiffer son public!
Hélas, ça ne se passe pas vraiment comme prévu. Le début du film nous gratifie de 45 minutes (la moitié du film) absolument inintéressantes où il ne se passe strictement rien. On aurait pu croire que ces minutes-là auraient pu servir au réalisateur Greg McLean pour instaurer une atmosphère oppressante, lourde de menace, mais ce n'est pas le cas. Le néant de l'ambiance. Alors, si tel est le cas, peut-être pourrait-il meubler ces trois quarts d'heure en étoffant ses personnages, son récit. Rien non plus de ce côté-là. L'intrigue, à part qu'elle se déroule en Australie, n'a rien de franchement originale: deux touristes américaines et leur guide australien s'en vont visiter un cratère. L'auto tombe en panne (sans blague) et les voilà dans le pétrin, jusqu'à ce que débarque un jovial colosse de la brousse dénommé Mick Taylor, qui se propose de les remorquer avec son gros camion. Mais une fois parvenus à son campement, nos trois amis découvriront que Mick n'est pas aussi sympa qu'au premier abord...

Si je résume jusqu'ici, ambiance au point mort, personnages sans saveur et intrigue convenue. "Mais le film n'est pas fini!" pourrait-on se dire. "Peut-être que quelques bonnes scènes d'horreur bien sanglantes approchent?". Il y a bien deux ou trois passages plutôt crades (doigts coupés, gars crucifié...), mais le scénario est tellement con et invraisemblable que l'ensemble devient plus frustrant qu'effrayant. Dans la deuxième moitié du métrage, quand Mick Taylor se réveille enfin et décide de charcuter les jeunes voyageurs, ceux-ci se mettent à agir avec une stupidité vraiment agressante: on retourne aux mauvais endroits, on échappe l'arme, on va même jusqu'à épargner le méchant alors qu'il est à notre merci! Comme spectateur, on ne peut qu'être bouche bée: qui agirait ainsi en pareilles circonstances? Le film se paie également quelques belles incohérences (la scène des voitures) qui achèvent de détruire les résidus d'atmosphère que le film a accumulés. Seul le cinéphile peu exigeant continuera d'être intéressé, l'autre de son côté contemplera sa montre durant les minutes qui restent, en essayant de ne pas penser à l'argent gaspillé pour voir/louer/acheter ce film...
Le film français Haute tension est également doté de quelques grosses invraisemblances, mais se rattrape grâce à une réalisation sublime, des interprètes énergiques et des effets spéviaux d'une violence inouïe. Du côté du pauvre Wolf Creek, rien ne sauve vraiment l'histoire bâclée. Greg McLean semble persuadé que, forcément, si il tourne caméra à l'épaule avec la lumière la plus crue possible, ça va ressembler à Massacre à la tronçonneuse. N'est pas Tobe Hooper qui veut, car, comme je l'ai dit plus haut, le film est complètement dépourvu d'atmosphère. Quant aux acteurs, qui surnagent comme ils peuvent, aucun d'entre eux n'arrive à livrer une performance vraiment éblouissante. Dans le rôle du "boogeyman" australien, John Jarratt livre une assez bonne performance, mais son personnage n'a ni la sauvagerie désespérée d'un Leatherface, ni l'humour noir déjanté d'un Freddy, même s'il fait d'assez beaux efforts pour.

En conclusion, Wolf Creek est un bel exemple de déception totale. Ni effrayant, ni violent, ni impressionnant, ni original, ni même divertissant, le film ne tient pas ses promesses et ne marquera en aucun cas les esprits, malgré ses bonnes intentions initiales. Maintenant que tout est dit, à quand Wolf Creek 2, 3, 4, 5, Le retour, Le remake, Le préquelle...

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