Dans une bourgade des Etats-Unis, une pluie de météorites transforme brusquement les habitants en zombies assoiffés de sang. Un petit groupe de survivants s’organise et cherche à se sortir de ce pétrin. Mais tout ça, c'est avant que les extraterrestres s’en mêlent.
Et nous, spectateurs, on s’emmêle aussi. Car même s’il faut se féliciter de ce genre de films qui cherchent à renouer avec l’humour gore d’un Raimi ou d’un Jackson, force est de constater que les frères Spierig ont peut-être péché par excès d’orgueil sur ce film en voulant nous offrir un produit Tout en un. L’intention est louable et tout cinéphile aguerri au genre ne manquera de voir les nombreux clins d’œil hommages des frères Spierig à leurs maîtres : de La nuit des morts-vivants en passant par Braindead, Evil Dead et pour finir La rencontre du troisième type, tout y passe.
Au début du film, la musique bucolique n’est pas non plus sans nous rappeler Les dents de la mer, sauf qu’au lieu de pêcher le requin, ici à Berkeley, c'est le goujon qu’on taquine. On sait donc rapidement à quoi s’attendre : on est d’abord ici pour rigoler et s’amuser, non pour frémir.
Mais en accumulant les clins d’œil, les frères Spierig peinent à imposer leur style et leur personnalité. Il est vrai aussi que ce n’est que leur premier film : ne soyons donc pas trop durs non plus.
Ce qui peut être plus inquiétant, par contre, c'est la présence d’un scénario assez lacunaire et un parti pris esthétique, avec un filtre bleu en permanence, pas vraiment heureux.
Mais passons aux aspects positifs du film. Mis à part les clins d’œil qui créent une connivence avec le spectateur fan de ce type de films (à condition que le film ne repose pas essentiellement sur ces clins d’œil, sinon ce même fan ne voit que ça, ce qui est malheureusement un peu le cas ici), certains gags et situations font mouche comme cette attaque des poissons tueurs ou ces prouesses, dignes des plus grands, du desperado improvisé.
Enfin, pour finir une mention spéciale pour les effets spéciaux, réalisés par Steve Boyle (Matrix 2, Matrix 3, L’attaque des clones, Scooby-Doo), remarquables pour un film avec un si faible budget (moins d’un million de dollars australiens). On retrouve avec plaisir de bons effets bien gore comme on en avait pas vu depuis longtemps : cervelles arrachées, boyaux qui tombent sur le sol, cadavres qui explosent. Bref, quand ça gicle, ça gicle.
En définitive, un film hommage qui se laisse regarder mais qui n’apporte pas grand-chose au genre.