Voilà le genre de film qui vous réconcilie avec les remakes. Il y a ceux qui tentent de faire de pâles copies de l’original et ceux qui ont su utiliser un même thème pour, en y apportant de nouvelles variations, en faire un nouveau chef-d’œuvre. Et c'est bien le cas de cet Invasion des profanateurs.
Ici, contrairement à ce que le titre pourrait laisser penser, il n’est pas question de profanateurs de sépultures, mais plutôt de plantes venues de l’espace qui, sous leur aspect inoffensif, prennent en réalité possession des enveloppes charnelles lorsque leurs propriétaires se sont endormis. La paranoïa s’installe à San Francisco : qui croire et comment arrêter la progression des envahisseurs ?
Ce film rejoint à bien des égards un Rosermary’s Baby même si d’un côté on a les adorateurs de Satan et de l’autre ce qu’il faut bien appeler des extraterrestres. Une paranoïa grandissante règne tout au long du film et les moindres particules d’espoir semblent destinées à s’évanouir. Et que dire de la fin : tout simplement éblouissante !
Même si pour ce remake, le contexte historique n’était plus celui du maccarthysme et de la peur vis-à-vis de l’ennemi intérieur, la société occidentale, telle qu’elle se profilait déjà alors, offrait un cadre tout trouvé pour ce film aux accents apocalyptiques : la montée de l’individualisme et ses répercussions dans les relations sociales mais aussi au sein des couples.
Que dire du jeu des acteurs sinon qu’il est très convaincant ? Tous, aussi bien Donald Sutherland (Mash, JFK), que Brooke Adams (Dead zone), Jeff Goldblum (La mouche, Jurassic Park), Veronica Cartwright (Alien, Candyman 3) ou encore Leonard Nimoy (le Dr. Spock !) incarnent parfaitement leurs personnages.
Les effets spéciaux, réalisés Russel Hessey et Dell Rheaume, notamment lorsque les métamorphoses commencent, sont eux aussi particulièrement saisissants.
On retrouve dans la version de 1978 des hommages à celle de 1956 : par exemple, la personne qui annon
A noter les clins d’œil à la « version originale » : l’acteur qui, paniqué, annonce la venue des aliens n’est autre que Kevin Mc Carthy, acteur principal du film de 1956. De même, le chauffeur du taxi que prennent Donald Sutherland et Brooke Adams n’est autre que Don Siegel himself.
Pour finir, une troisième version de L’invasion des profanateurs : Body Snatchers, fut réalisée en 1993 par Abel Ferrara (Bad Lieutenant, Driller Killer). L’action se déroule cette fois-ci sur une base militaire mais l’on sent que le filon s’est tari.