| Ce genre de titre à la résonance guerrière a de quoi attirer le fan d’émotions fortes et fait très années 1980 : Terminator, Razorback... Des films dont le seul titre devrait faire trembler.
La présence au scénario d’un dénommé Clive Barker aurait aussi tendance à attirer le badaud.
Pour couronner le tout, ce film avait été sélectionné pour feu le Festival d’Avoriaz.
On s’assoit donc dans son fauteuil pour regarder le film et là, on reste sur le cul, au propre comme au figuré, car on ne visionne au final rien de moins que la quintessence d’un navet.
Ce film pris comme une parodie aurait été plutôt réussie, car on rit à plusieurs reprises tant ce film est, je répugne à utiliser le mot mais je ne vois pas d’autres issues, nul.

Le trame de départ, bien que classique, aurait pu, je dis bien « aurait pu », donné quelque chose de correct, voire bon : dans un village en Irlande, en tentant de dégager un menhir, un paysan va libérer une entité diabolique, bien décidée à se venger de ceux qui l’avaient mise en terre. Mais le traitement qui en est fait est des plus pathétiques et je vous laisse le plaisir d’en découvrir les incohérences. George Pavlou n’a rien à envier à un Ed Wood.
Les dialogues et jeux d’acteurs sont pitoyables, la musique de Colin Towns (Rivière pourpres 2) grandiloquente, et que dire de la mise en scène !
Des descriptions de scène s’imposent ici : on passera vite sur les vues subjectives lorsque le monstre attaque, assez datées et assez ratées aussi, pour en venir à une seule, qui résume bien l’ensemble du film.
Lors de sa première attaque, Rawhead, après avoir tué le mari, rentre dans la cuisine et se comporte comme un véritable petit vandale, plutôt que comme un gros vilain monstre : il renverse la table, éclate un sac de farine, casse les œufs et, comble de l’horreur, la caméra s’attarde sur un paquet de spaghettis dont certains tombent sur le sol : cette scène est à la limite du soutenable.

Que dire des effets spéciaux concernant le monstre Rawhead ? J’hésite… nul ? ridicule ? et encore, je reste poli. J’ai rarement vu un monstre aussi mal fait, ou alors dans des films qui le revendiquaient. A sa première apparition, on a tout de suite compris à quoi on avait à faire : on croirait un monstre sorti tout droit de X-OR. Le masque facial est de ceux que tout jeune sans le sou peut se procurer pour Halloween, à la seule condition qu’il n’espère pas effrayer son entourage. Enfin, vu la direction d’acteur, à la hauteur du reste du film, on ne parvient jamais à oublier que le monstre n’est qu’un costume.
Ce film reste l’idéal pour une soirée entre potes où ça boit et ça parle fort, à condition que ça ne soit que l’apéritif avant de passer aux choses sérieuses. Enfin, ce film est à éviter lors d’une soirée où sont présents des néophytes car ils ne manqueront pas de vous dire que ce film est complètement creux et que c'est pour ça qu’ils n’aiment pas les films d’horreur.
C'eut été une parodie assumée, la note aurait été supérieure mais, vu que là, ils ont l’indécence de se prendre au sérieux, le couperet doit tomber.
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