Comme avec 28 jours plus tard pour le film de zombies, Danny Boyle offre avec Sunshine un splendide film somme de science fiction, arrivant à dépasser les références incontournables du genre pour se distinguer du lot. Et Dieu sait que la tâche n’était pas aisée !
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Bon thriller, par langanay (Frisson dans la nuit, Un)
Sunshine, c’est de la science-fiction, de la vraie ! Celle qu’on appelle plus communément aujourd’hui « la SF à papa », c'est-à-dire les films se déroulant dans l’espace. Un vrai genre en soit qui a donné quelques-uns des plus grands chefs-d’œuvre du septième art : 2001, l’odyssée de l’espace de Stanley Kubrick, Solaris d’Andrei Tarkovski et Alien de Ridley Scott. Trois films qui à eux seuls ont définitivement imposé leur marques dans le genre. A tel point qu’aujourd’hui il est presque impossible d’échapper au référencement pour tout individu voulant un tant soit peu d’insuffler un peu de nouveauté.
Danny Boyle connaît ces classiques en matière de SF, donc parfaitement conscient de l’ombre pesante des ces œuvres. C’est pour cela qu’avec son scénariste Alex Garland (déjà auteur des scénarios de La plage et 28 jours plus tard), ils ne feintent même pas d’y échapper, au contraire ils les revendiquent. Il ne faudra donc pas s’étonner de trouver une trame classique, façon Mission to Mars (voyage sans encombres/incident/réparation…) mais dont le scénario solide en extrait toute la moelle essentielle en extirpant tout le superflu (pas d’intro, pas de présentation de l’équipage…), évitant les longueurs ainsi que la caricature des personnages se définissant par uniquement leurs actes et non par leur personnalité de départ.
La petite originalité vient du fait que le scénario flirte avec le film catastrophe, à la manière d’un Armageddon, toute proportion gardée. Ici ce n’est pas une météorite qui menace de s’écraser sur la Terre, mais notre Soleil qui se meurt, nous condamnant irrémédiablement par la même occasion (si cela devait arriver réellement, il ne faudrait pas plus de 8 minutes pour que toute vie s’éteigne dans notre système solaire). Mais dans Sunshine on est loin du pamphlet patriotique et triomphaliste. En témoigne le nom du vaisseau « Icarus », référence directe à la mythologie d’Icare, l’homme qui désireux de voler s’attacha des ailes dans le dos mais se les brûla lorsqu’il voulut s’approcher trop près du soleil. Un renvoi qui en dit long de l’optimisme ambiant sur les chances de succès de cette mission suicidaire.
Sunshine développe une réflexion sur l’humanité et sur son caractère suicidaire : tout l’équipage, véritable mini-microcosme de la société humaine, est prédisposé au suicide (Searle testant les limites du filtre des hublots l’empêchant de brûler vif…), une allégorie du comportement autodestructeur de l’Homme, qui à force d’anéantir son environnement à un rythme effréné, a perdu tout lien avec la nature divine (le Soleil à l’origine de toute vie peut être assimilé à Dieu). Nature qui désirant reprendre sa place, nous punit pour nos fautes. C’est alors à l’homme et à lui seul de réparer ses erreurs et de renouer un lien primordial avec la nature lors d’un final mystique où le personnage de Cillian Murphy dans un grand « badaboum » crée une nouvelle harmonie entre la technologie (donc l’homme) et la nature, accédant du coup à l’illumination.
Avec sa majestueuse mise en scène (dommage que la caméra s’excite inutilement dans la dernière partie), sa photographie jouant parfaitement le contraste entre l’obscurité de l’espace et la luminosité pénétrante du Soleil, sa tension claustrophobe et son casting parfait (même Chris Evans joue bien ! Preuve encore que Danny Boyle est un grand directeur d’acteurs), mine de rien Sunshine trouve naturellement sa place parmi les grands noms de la SF et donne l’occasion à son réalisateur de signer l’un de ses plus beau travaux.
Comme avec 28 jours plus tard pour le film de zombies, Danny Boyle offre avec Sunshine un splendide film somme de science fiction, arrivant à dépasser les références incontournables du genre pour se distinguer du lot. Et Dieu sait que la tâche n’était pas aisée !
Note du rédacteur: 8.5/10
Note moyenne de la rédaction : 8.25/10