| On est loin du socialisme réel, mais ce film a une forte tonalité prolétarienne : des ouvrières du textile sont victimes d’une essoreuse grand format qui n’a pas l’air très catholique… Un inspecteur de police, un peu paumé, va tenter d’y mettre un terme.

To mangle, en anglais, signifie essorer, mais aussi mutiler, charcuter : à n’en pas douter, ce seul jeu de mots a suffi au prolifique King pour écrire une nouvelle (qui figure dans le recueil Danse Macabre).
Malheureusement, réunir sur un même film, Stephen King, Tobe Hooper (Massacre à la Tronçonneuse, Poltergeist, Le crocodile de la mort, Lifeforce) et Robert Englund (alias Mr. Freddy Krueger) n’est pas nécessairement synonyme de chef-d’œuvre, ni de bon film, loin s’en faut.
Déjà, en matière de tueuse en série, on a connu mieux qu’une presseuse, fût-ce une de taille géante. Mais dans le film, elle n’est pas seule, heureusement, puisqu’une glacière tueuse vient lui donner un coup de main… Un film pour toutes les ménagères de 50 ans, me direz-vous.
Difficile de prendre au sérieux ces attaques de l’électroménager, d’autant plus qu’à la moindre attaque ça crie dans tous les sens. Pendant ce temps-là, nous, on rit franchement. Et du suspense ici, que nenni, puisse quiconque s’approche de l’essoreuse est victime de ses attaques. Les seules surprises viennent du fait que, tout au long du film, on franchit des stades dans le ridicule alors que l’on pensait déjà avoir atteint le sommet.
Avec ce film, on n’est pas très loin de la série Z (sans le moindre soupçon d’érotisme cependant : même pas les moindres seins dénudés…) comme semble le confirmer le jeu des acteurs principaux. Si les autres cherchent à incarner leur personnage de manière crédible, les protagonistes sont complètement déconnectés : Robert Englund, grand mutilé, avec des morceaux de métal partout (histoire de bien nous faire comprendre qu’il est lié quasi charnellement à l’essoreuse), est sympathique mais sa présence n’est pas crédible ; Ted Levine, le flic, est quant à lui totalement amorphe, tandis que son pote lui débite des théories sur la magie et les possessions (avec bien entendu tous les clichés et d’ailleurs l’exorcisme final mérite son pesant de cacahuètes, sincèrement).

On regrettera la piètre qualité du film – il faut dire que le thème n’aidait pas non plus – d’autant plus que les effets spéciaux sont plutôt bien réussis même s’ils auraient mérité d’être un peu plus exploités : pour une fois, ils auraient pu relever le niveau d’ensemble du film. Par exemple, une des victimes de la machine est coupée en deux mais la scène est juste entraperçue : on en attendait plus. L’atmosphère lourde qui règne tout au long du film aurait aussi mérité de ne pas être gâchée par de nombreuses scènes et dialogues ridicules.
En définitive, un film qui oscille perpétuellement sans choisir entre la parodie et le sérieux, ce qui nuit nettement à la cohérence du tout.
A noter que ce film a donné lieu à une suite, The Mangler 2 : Graduation Day. Ici, aucune essoreuse à l’horizon, mais une bande de jeunes qui se retrouvent coincés dans un collège hyper sophistiqué où les ordinateurs prennent le contrôle suite à la propagation d’un virus. Cette suite est loin d’être une réussite mais, au moins cette fois-ci, il n’y avait ni Stephen King ni Tobe Hooper ni Robert Englund. L’honneur était sauf.
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