Le cinéma espagnol connaît une vague de dynamisme en matière de productions horrifiques qui devrait faire rougir de honte la plupart de ses voisins européens. Comment l’expliquer ? Difficile : vu de l’extérieur, l’Espagne, c'est le pays des vacances où il fait bon vivre ; surtout, l’Espagne, c'est un climat chaud propice à la baignade. Un peu cliché tout ça ? Sans doute, mais le mystère demeure. D’autant qu’au vu des productions qui nous viennent de ce pays, on est loin du blockbuster : les réalisateurs cherchent avant tout à instaurer une ambiance, l’action et les effets gore ne venant qu’agrémenter le tout, même s’ils ne sont pas absents. Le film de Balaguero ne déroge pas à la règle.
Le corps d’une fillette, atrocement mutilé, est retrouvé par la police. A travers divers indices retrouvés sur place, ils l’identifient comme étant la fille d’une journaliste, Claudia. Toujours hantée par la mort de sa fille, Claudia reçoit, cinq ans plus tard, un appel au secours de la part d’une jeune fille prétendant être sa fille. Dans sa quête pour la retrouver, Claudia, accompagnée d’un reporter spécialisé dans les phénomènes paranormaux et d’un ex-flic, va voyager au bout de l’horreur.
La secte sans nom n’a pas laissé les critiques indifférents et a raflé les prix : entre autres, Méliès d'or du meilleur film fantastique européen au festival du film fantastique de Sitges, prix spécial du jury au festival de Gérardmer 2000 et Grand Prix Golden Raven au festival du film fantastique de Bruxelles…
Il est vrai que ce film distille une ambiance malsaine qui atteint son paroxysme dans le final. A l’instar des Cénobites (Hellraiser), les membres de la secte des sans nom pensent que la souffrance et la douleur permettent d’atteindre un niveau de conscience supérieur, même si dans le film l’accent est clairement mis sur la souffrance psychologique.
Bien que tourné en Espagne, l’atmosphère dans laquelle baigne le film, à travers une mise en scène soignée, est typiquement anglaise avec son lot de froid, d’humidité et de paysages urbains à l’abandon (la clinique sur la plage, le motel…)
Aucune intervention du surnaturel dans ce film, «juste» un thriller horrifique aux effets parfois plus dévastateurs. Mis à part un ou deux cadavres d’enfants, dont l’apparence n’est pas sans rappelée celle des victimes dans Se7en, Balaguero ne joue pas sur le choc des images. La tension est déjà suffisamment portée par la prestation d’Emma Vilarasaun, particulièrement aboutie.
Petit bémol : on regrettera qu’au niveau du scénario, La secte sans nom n’ait pas donné lieu à une étude plus approfondie car, au final, on en sait très peu de choses, sauf à travers l’entretien avec le gourou de la secte (Le silence des agneaux n’est pas loin) et, à trop s’attarder sur la psychologie des personnages, cela s’en ressent sur le rythme du film.