Confirmant tout le bien qu’on pensait de lui depuis Mon idole, Guillaume Canet nous revient avec un thriller diablement efficace, au scénario bien ficelé, servi par un casting quatre étoiles. Une réussite.
On attendait avec une certaine impatience, le prochain film de Guillaume Canet, en tant que réalisateur. Mon idole, bien que pourvu de défaut inhérent à tout premier film, était une réussite laissant présager du meilleur pour la suite. Alors Mon idole, fût-il un coup de chance ? A-t-il réussit l’exercice que représente un deuxième film ? A-t-il prouvé qu’il est bien un réalisateur à part entière ? La réponse…oui sans aucun doute.
Après s’être essayé à la comédie satirique avec Mon idole, vision virulente de la télé « trash », Guillaume Canet choisit de s’attaquer à un exercice difficile : le thriller. Difficile car le thriller est plutôt l’apanage du cinéma américain. Et on ne peut pas dire que la France se soit distinguer dans le genre dernièrement : on peut citer le moyen Les rivières pourpres de Matthieu Kassovitz, l’irregardable L’empire des loups de Chris Nahon, le minable Six-Pack d’Alain Berberian ou bien le mou du genou Anthony Zimmer de Jérôme Salle… des films qui à trop vouloir marcher sur ces illustres modèles américains, ne sont au final que de pâles copies indignes (dans le meilleur des cas), alternant entre un aspect souvent franchouillard ou prenant les airs d’un sous produit américain. Au bout du compte tout reste à faire en matière de thriller à la française. En choisissant d’adapter le roman d’Harlan Coben et de transposer l’histoire en France (celle du livre se déroule aux Etats-Unis), Guillaume Canet prend des risques de voir son entreprise échouer (certaines histoires peuvent se révéler médiocres une fois sorties de leurs contextes géographiques) et au final de réaliser un thriller bas de gamme.
Heureusement, ce n’est pas le cas. Grâce à un gros travail d’écriture du duo de scénaristes (Canet et Philippe Lefebvre), le film ne paraît jamais ridicule et évite tous les pièges du changement de lieu de l’action. Le récit manie habilement le suspense et l’action, dénouant son intrigue, à un rythme qui ne faillit jamais: c’est bien simple on ne décroche pas du film du début jusqu'à la fin (malgré une fin un peu trop explicative). Un scénario qui n’a rien à envier aux meilleurs thrillers américain doublé d’une très belle histoire d’amour où le réalisateur fait preuve d’une sincérité qui emporte l’adhésion.
L’autre point fort du scénario, c’est comment Guillaume Canet est arrivé à donner vie aux nombreux personnages dont regorge le film, chacun arrivant à exister et trouve naturellement sa place à l’intérieur de l’histoire. Des protagonistes interprétés par une distribution prestigieuse : François Cluzet excellent (on ne l’avait jamais vu comme ça), André Dussolier (touchant), Marie-Josée Croze (hitchcockienne) , Kristin Scott Thomas, Nathalie Baye, François Berléand (qui enfin laisse ses mimiques de côtés), Jean Rochefort (glacial), Gilles Lellouche (étonnant), Olivier Marchal, Jalil Lespert… Tout ce petit monde qui semble avoir pris un énorme de plaisir à tourner devant la caméra.
Quant à la réalisation, Guillaume Canet a fait de sérieux progrès : il épure sa mise en scène, laissant les gros effets inutiles (auxquels Mon idole n’échappait pas toujours). De ce fait, sa réalisation gagne en efficacité et se révèle tour à tour, nerveuse et sèche dans les moments forts (les scènes de course poursuite, l’exécution des hommes de mains par Gilles Lellouche…) aérienne et posée dans les scènes plus calmes (le début du film…). Au final Ne le dis à personne, réussit sur tous les tableaux démontrant définitivement les qualités de metteur en scène et de directeur d’acteurs que l’on soupçonnait à son réalisateur. Et ça, il faut le dire à tout le monde !
Confirmant tout le bien qu’on pensait de lui depuis Mon idole, Guillaume Canet nous revient avec un thriller diablement efficace, au scénario bien ficelé, servi par un casting quatre étoiles. Une réussite.
Note du rédacteur: 7.5/10
Note moyenne de la rédaction : 7.50/10