| A une époque où les grosses productions hollywoodiennes occupent les 3/4 du parc cinématographique français, Harry Potter et Lord Of The Rings en tête, cumulant ainsi un total de spectateurs proprement hallucinant (ce qui, pour le premier film cité, n'est pas franchement fondé, là où en ce qui concerne le deuxième ce n'est que justice), en cette douce période, donc, voilà que nous autres français décidons de nous remettre au fantastique. Voilà une nouvelle qui en faisait saliver plus d'un, et j'aurais d'ailleurs tendance à me placer dans le peloton de tête.
Toutefois, après les tollés consécutifs d'un Petit Poucet de sinistre mémoire ou d'un Bloody Malory (mon dieu...), il était juste de se poser quelques questions. Toutefois, l'espoir renaissait des cendres encore fumantes de ces fours consécutifs à l'aune du projet de Doug Headline, qui nous offrait avec la bande annonce de Brocéliande la vision d'un film de monstres "à l'ancienne", où, enfin, on pouvait trouver des jolies filles, de la tripaille, du gore un peu cheap et craspec. Que du bon, en somme...
Quelle ne fut pas la surprise de découvrir donc un film très largement inférieur à sa bande annonce.

L'histoire : Une jeune étudiante en archéologie, Chloé, arrive de Grenoble (un bon point) à l'université de Rennes afin d'y faire des fouilles dans la célèbre forêt de Brocéliande. Là, elle tombe sur le beau gosse de service, le charismatique Erwann, qui va l'initier dans la fac et lui permettre de mieux s'intégrer. Malheureusement, après la découverte par Chloé de serpes druidiques, des meurtres sont perpétrés avec une rare violence (enfin, ce sont les acteurs qui le disent, parce que nous, on ne voit bien entendu qu'une ombre sur une toile de tente avec des effets sonores à base de "Schhhling !" "Aaarghhh !"). D'ailleurs, la petite Chloé assiste, pleine comme un sac, à l'un de ces meurtres sur le campus, mais bon, forcément, personne ne la croit (tu m'étonnes, avec 2 grammes 8 dans le sang). Comme la jeune Chloé n'est pas du genre de celles à qui ont la fait, elle décide donc d'en avoir le cœur net et de mener sa petite enquête.

Un scénario qui au départ donc, permettait d'envoyer des images qui dépotent bien, mais non, le seul point fort du film tenant dans une décapitation faite sur paint (l'effet spécial du film). Une actrice jolie comme il faut pour le genre, mais qui fait même pas de concours de T-shirt mouillé (ce qui aurait peut être sauvé le film), mais qui joue comme un figurant. Une forêt digne d'Evil Dead, même pas bien filmée. Un méchant pour qui, dès qu'on l'aperçoit, on ne peut pas s'empêcher de penser "Tiens, le méchant !", un tas de sous intrigues qui ralentissent un rythme déjà bien plombé par une mise en scène pas très folichonne. Des références très très "cliché" à la magnifique culture celte... Passons, le monstre va bien nous sauver tout ça !!! Et ben non, même pas ! Morrigane, la déesse celte de la guerre, puisque c'est d'elle qu'il s'agit, serait pas foutue étaler Rafaello des Tortues Ninja. Elle bousille un certain nombre de bonzommes bien gaulés, mais se fait ratatiner par une gamine musclée comme un flan aux pruneaux...
Enfin, tout ça pour dire, donc, qu'il y a du souci à se faire quant à l'avenir du film fantastique en France. Heureusement qu'on a des essais un peu mieux transformés avec un Le Pacte Des Loups, par exemple, qui passe pour un chef d'œuvre à côté de cette sombre bouse de Brocéliande. Tout ça pour dire qu'on est pas prêt de rivaliser contre les Taxi et autres navets dans le genre à ce rythme. Et pourtant, y'a de la demande... Dommage qu'il faille aujourd'hui lorgner du côté de nos voisins espagnols pour trouver du (très) bon cinéma...
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