Dans un petit village côtier, des personnes de passage sont victimes de meurtres atroces. Pourtant, peu de temps après, ils semblent réapparaître mais comme des membres à part entière de la communauté de Potter’s Bluff. Le shérif (James Farentino) mène l’enquête.
Ce film est un condensé d’incohérences et de nullité. Le scénariste n’est pourtant autre que Dan O’Bannon (réalisateur et scénariste du Retour des morts-vivants, mais aussi scénariste de Dark Star, Alien, Lifeforce, Alien 3, Alien vs. Predator).
Par où commencer ? Par le commencement ? Oui, bonne idée. L’entrée en matière du film fait penser à un film érotique, bien délavé, avec séance de photos sur la plage, ponctuée par une paire de seins à l’air et suivie d’une immolation.
Nous suivons ensuite l’enquête de notre shérif, bien à la masse, qui ne connaît même pas les habitants de sa juridiction, ni sa femme visiblement (certaines de ces incohérences seront résolues par le retournement final assez inattendu et intéressant). Mais il a de l’intuition ou plutôt il doit s’ennuyer ferme car dès la première mort, qui, si l’on n’a pas vu le début du film, apparaît comme un banal accident de la route, il échafaude un autre scénario : aurait-il été possible que la victime ait été brûlée avant et qu’elle ait ensuite été mise dans la voiture en flammes pour faire croire à un accident ? Quelle perspicacité ! Meilleur que Columbo. On appréciera en outre la prestation de James Farentino (Nimitz, retour vers l’enfer) qui n’a jamais l’impression d’en faire trop : c'est clair, on croirait regarder une tragédie grecque.
Les soupçons du shérif Dan se portent peu à peu sur sa femme, incarnée par Melody Anderson (Flash Gordon) mais aussi sur le croque-mort local, qui prend du plaisir à recréer les visages des victimes des meurtres.
Ce film propose par ailleurs la famille de victimes la plus stupide et la réplique la plus débile qui soient. Jugez plutôt par vous-mêmes : un couple avec leur enfant roule en pleine nuit, avec un brouillard à couper au couteau. Ils sortent de la route car le mari a cru voir quelqu’un traverser devant lui. La femme voit une lumière dans une maison au loin : ils se dirigent vers la lumière. La maison semble pourtant abandonnée, le mari est sceptique mais la femme assure qu’elle a vu de la lumière. Ils frappent : personne ; ils entrent : toujours personne ; ils essaient d’allumer la lumière : les interrupteurs ne fonctionnent pas ; ils appellent : toujours personne ; ils montent au premier, il y a des toiles d’araignée et de la poussière, ils appellent : toujours personne ; le mari décide alors d’aller dans la cave, voir s’il y a quelqu’un et, vu qu’il n’y a pas de lumière, il est obligé de s’éclairer avec des allumettes et, comme c'est étrange, toujours personne. Mais bon, entre-temps, les tueurs sont parvenus jusqu’à la maison. Enfin…
Et voilà la réplique que l’on peut sans peine qualifier d’anthologie : notre shérif fouille dans un tiroir chez lui. Il demande à sa femme : « Chérie, j’avais des balles ici, tu sais où elles sont passées ? », elle : « C'est quand la dernière fois que tu as joué au tennis ? », lui : « Non, pas les balles de tennis, les balles de pistolet. » De quoi mourir de rire !
Quant aux effets spéciaux, ils ont mal vieilli, on sent le latex, notamment lors de la défiguration à l’acide, mais ce film a au moins le mérite de montrer la plupart des meurtres et quelques décompositions post mortem. Et là encore, surprise : qui retrouve-t-on derrière les maquillages ? Stan Winston (Chose, La, Terminator 1, 2 et 3, Starman, Predator et Predator 2,…).
Le compositeur associé à ce film n’est pas non plus un inconnu puisqu’il s’agit de Joe Renzetti (Poltergeist III, Jeu d'Enfant, Frankenhooker, Basket Case 2 et 3).
Comme quoi, il ne suffit pas d’avoir les bons ingrédients pour faire un bon repas : tout dépend du cuisinier.
A noter au passage, la présence de Robert Englund dans ses débuts au cinéma avant qu’il ne devienne le célébrissime Freddy Krueger.