Un film d'aventure sur fond de coupeur de têtes et d'idylle amoureuse : pas de quoi fouetter un chat, d'autant que la réalisation est tout juste correcte
Tout film de cannibale souffre inéluctablement d’une comparaison avec les films qui ont fait la réputation du genre : Cannibal Holocaust et Cannibal Ferox entre autres. D’ailleurs, sans ces films, tous ces ersatz n’auraient jamais vu le jour tant leur intérêt reste limité et peu innovant. Cependant, nous aurions tort de les enterrer bien vite car, si au niveau du visuel, on a tendance à prendre les mêmes et à recommencer, il est vrai que chacun d’entre eux développant un semblant d’intrigue qui diffère des autres.
Dans celui-ci, il est d’ailleurs très peu question de cannibales qu’on ne croise qu’une fois, hors des heures de repas. On suit en réalité ici une tribu de chasseurs de têtes, ce qui donne lieu à des décapitations bien gore mais rares aussi.
Katherine Miles, interprété par Elvire Audray (Nosferatu a Venizia avec Klaus Kinski), étudie en Angleterre. Elle s’apprête à rejoindre ses parents qui dirigent une exploitation en Amazonie. Lors d’une sortie en bateau, ils tombent tous les trois sous les flèches d’une tribu de coupeurs de tête. Seule Katherine survit, protégé par un des indigènes, Umukai. D’abord traitée comme une esclave, puis comme un membre à part entière de la communauté, une idée l’obsède : se venger des meurtriers de ses parents, qui ne sont pas forcément ceux que l’on croit.
Si, dans Le dernier monde cannibale, on notait déjà une tendance anthropologique, celle-ci est poussée un cran au-dessus dans ce nouvel opus puisque, dès le début, Katherine se retrouve au sein de la tribu, seule. Tribu qui est ici au centre des attentions et non un simple élément du décor : on y apprend des détails sur leurs rites, leur organisation sociale. Dans ce film, cet aspect l’emporte sur les scènes gore, présentes mais limitées. D’ailleurs, pas de massacres d’animaux ici, si ce n’est d’attaques de gibier par des fauves. Quant aux scènes gore, elles sont moins saisissantes que celles présentes dans des films comme Cannibal Holocaust ou Cannibal Ferox, car les effets spéciaux de Aldo Gasparri qui avait officié sur le film de Deodato et les maquillages de Franco Di Girolamo (L’éventreur de New York, Zombi 3 mais aussi Terminator II !) ne sont pas toujours des plus convaincants.
Pour les acteurs, il s’agit pour la plupart d’illustres inconnus, qui le restèrent. De toute façon, on regarde rarement ce genre de films pour se pâmer devant le jeu d’acteur.
Ajoutez à cela un montage approximatif, la musique typique et quelque peu crispante de ce genre de film, et vous obtenez un film, loin d’être jouissif mais qui se laisse regarder pour son côté anthropologique. Une version trash d’Ushuaïa avec de moins belles images …
Un film d'aventure sur fond de coupeur de têtes et d'idylle amoureuse : pas de quoi fouetter un chat, d'autant que la réalisation est tout juste correcte
Note du rédacteur: 5.5/10
Note moyenne de la rédaction : 5.50/10