Après une expérience peu fructueuse aux Etats-Unis où il tourna Trauma, Dario Argento revient au giallo italien. Frustré d’avoir été muselé par les producteurs américains qui ont fortement atténuée la violence de Trauma, Argento s’installe à Florence pour tourner Stendhal syndrome avec sa fille Asia Argento.
Le syndrome de Stendhal dont il est question est une maladie qui se manifeste par une extra sensibilité aux œuvres d’art. Une réceptivité si forte que l’admirateur vit de l’intérieur et ressent les pulsions créatrices de l’artiste. Que vient faire Stendhal là dedans me direz-vous ? Et bien c’est précisément cet illustre écrivain Français qui le premier ressentit et décrivit ce trouble étrange en admirant une immense toile dans une église de Florence.
Cependant, le film ne se focalise pas sur ce syndrome. En effet, celui-ci n’est qu’un prétexte. Anna Manni, commissaire de police, en visitant un musée semble complètement envoûtée par les œuvres de différents maîtres au point de s’évanouir. A son réveil, elle rencontre un jeune homme attentionné : Alfredo Grossi. Celui-ci se révèle en fait être un maniaque déjà responsable du meurtre d’une quinzaine de femmes. Dès lors, celui-ci n’aura de cesse de poursuivre Anna, et ce jusqu’à son village natal dans lequel elle s’est réfugiée.
Celle-ci sera séquestrée puis violée à plusieurs reprises avant de prendre une revanche incroyablement violente…
De violence il est en effet question dans le film d’Argento. Le film comme souvent chez l’auteur se permet des pics de violences et de folie inouïs. Argento ne ménage personne, ni le spectateurs, ni le personnage joué par Asia Argento. Une personnalité trouble qui subira un véritable calvaire dans plusieurs scènes véritablement malsaines et dérangeantes.
C’est justement par ce malaise et cette ambiance que le film trouve ses qualités. Avec une histoire somme toute moyenne, Argento parvient à captiver le spectateur grâce à son savoir faire et une fin comportant un coup de théâtre (qui est certes prévisible).
Encore une fois ce qui dessert le film, c’est la comparaison avec la maîtrise affichée par Argento dans de nombreux films tel que : Les Frissons de l'angoisse, Suspiria, Inferno ou Ténèbres; et là, force est de constater que le film ne se hisse pas à leur hauteur.
Celui-ci ne marque pas le retour du grand Dario Argento de la fin des années 70, chose que son film suivant (Le fantôme de l’opéra – 1998) ne fera que confirmer puisque celui-ci sera probablement le plus mauvais de toute sa filmographie (heureusement que depuis Le Sang des innocents nous a un peu rassuré sur le bonhomme).
Film bancal qui pêche parfois par manque de crédibilité, comme par exemple le personnage joué par Asia Argento qui joue une commissaire de police alors qu’elle n’a dans la réalité qu’une vingtaine d’années (même si elle est splendide en ce qui concerne les autres facettes du personnage), alors que d’autres scènes par leur cruauté et leur réalisme tranchent avec le ton parfois onirique du film (notamment le début).
Stendhal syndrome qui sortit directement en vidéo en France est un film à redécouvrir pour compléter sa connaissance de l’œuvre complète de Argento. Un petit film malsain et dérangeant à souhait. Mais si vous ne connaissez pas Argento (qu’est-ce que vous faites sur ce site alors !!!) je vous conseille vivement de vous plonger d’abord dans ses chef-d’œuvres que sont Les Frissons de l'angoisse et Suspiria.