Savoir que Danny Boyle allait se consacrer à un film de zombie était plutôt surprenant. En effet, le réalisateur qui avait marqué les esprits avec Petits meurtres entre amis (Shallow grave - 1995) et Trainspotting (1996) ne semblait à priori pas être le candidat idéal pour orchestrer le retour du « Zombie-movie » à l’écran.
Ses deux films précédents que sont Une vie moins ordinaire (A life less ordinary – 1997) et La plage (The beach – 1999) n’ont pas eu les succès escomptés et ont même été quelque peu égratignés par la critique.
Son retour, Boyle va ainsi l’effectuer avec un budget modeste, des comédiens inconnus et un scénario lorgnant clairement du côté de Romero. L’histoire commence par un incident dans un laboratoire qui libère un virus rendant complètement dément celui qui est infecté. Avec un comportement proche de celui de la rage, les individus touchés par la maladie se mettent à dévorer les personnes saines. Bientôt tout le Royaume-uni est touché, le pays plonge dans le chaos le plus total, les gens fuient les grandes villes et les systèmes d’informations disparaissent.
C’est dans cette situation apocalyptique que 28 jours plus tard, Jim se réveille d’un coma et qu’il découvre avec effroi qu’il semble être la seule personne non-infectée de Londres. Après plusieurs jours d’errance, il rejoint par hasard Selena, Frank et sa fille Hannah. Tous les 4 décident de parcourir l’Angleterre pour trouver d’autres personnes saines.
Outre plusieurs films relatant des infections à grande échelle comme Le survivant de Boris Sagal (The omega man – 1971), Contact mortel de Hal Barwood (Warning sign – 1984), Rage de David Cronenberg (1977) et même Resident Evil de Paul Anderson (2002) ; c’est avant tout du côté de la trilogie de Romero et de La nuit des Fous-Vivants (The Crazies-1973 – Romero) qu’il faut chercher les inspirations les plus évidentes.
Mais loin d’être un plagiat honteux, 28 jours plus tard est au contraire un hommage appuyé et respectueux du cinéma de Romero. On pense bien évidemment à ses films quand nos 4 héros vont « dévaliser » un supermarché (cf Zombie: Le crepuscule des morts-vivants), ou bien encore lors de la scène du ravitaillement en essence (cf La nuit des Morts-Vivants). Mais là où l’emprunt est encore plus appuyé c’est dans les rapports que les personnages principaux ont avec le groupe de militaires réfugiés dans une vieille demeure victorienne. On pense énormément au Jour des morts-vivants (1985) et à The crazies (1973) à voir l’armée complètement dépassée par les évènements et dirigée par des illuminés notoires. Encore une fois le danger vient aussi des hommes non infectés. Enfin, le sadisme des militaires à l’égard des « zombies » rappelle fortement celui dont faisait preuve les milices de La nuit des Morts-Vivants et de son remake de 1990 (de Tom Savini).
La grande originalité de 28 jours plus tard vient de son traitement visuel. En effet, tourné en DV, le film est renforcé par un style « reportage » qui donne véritablement une impression d’urgence et de véracité. Les apparitions à l’écran des infectés sont de véritables moments de fureurs, car accompagnées d’une sensation de rapidité grâce à des effets d’accélération de l’image, et ce jusqu’au final, tourné avec du plus classique 35mm, qui fait effet de retour au calme en nous présentant un paysage bucolique et apaisant. Pour agrémenter tout cela, la réalisation de Boyle et la photographie de Anthony D. Mantle sont véritablement à la hauteur. Le réalisateur britannique, débarrassé de ses quelques mauvais réflexes grâces à un budget serré qui l’oblige à aller à l’essentiel, fait gagner à son métrage une indéniable efficacité.
Cependant, le film n’est pas exempt de tout reproches. Passé son évident défaut d’un manque d’originalité dans l’histoire et dans ses choix scénaristiques déjà-vu (la fin assez commerciale était-elle celle véritablement envisagée par Boyle au départ?), 28 jours plus tard souffre également d’une baisse d’intensité dans sa deuxième moitié (avec les militaires en fait) après une première partie assez époustouflante.
Attention Spoiler :
Mais passés ces quelques réserves, le film qui est d’une noirceur et d’un ton désespéré, reste le film du retour en force des Zombies au cinéma. Loin de la déception laissée par le trop gentil Resident Evil, Boyle nous offrait alors le film « Romérien » des années 2000 (avant que Zack Snyder ne réalise son Armée des morts). Un film noir, apocalyptique et furieux qui touche même parfois au sublime lorsque le personnage principal alors au plus bas de ses espérances se relève d’un coup reçu derrière la tête, et aperçoit dans le ciel l’image de la trainée nuageuse d’un avion, preuve de la survie de la civilisation et signe d’un espoir retrouvé. Un film très humain qui est probablement un classique en devenir…