| James Bataille et Concia sont amoureux. Seulement, le père de Concia ne
voit pas leur amour sous le même angle qu'eux. Lors de la rituelle "Fête
de la Vache" qu'il organise à Skotlett City, il profite du fait que James
Bataille ait saccagé son bar/hôtel après une cascade a moto ratée pour le
faire mettre en prison, au grand dam de la belle. Un an plus tard,
alors que Concia se prépare pour son concert de la "fête de la va...",
James s'échappe, bien déterminé à retrouver sa belle, une météorite
s'écrase en répandant un flot d'extraterrestre bien déterminés, eux, à
bouffer tout ce qui bouge, et Alan Chiasse, imprésario minable et
orgueilleux, débarque dans ce trou paumé, après s'être fait piquer le cul
par un des extraterrestres susmentionnés, bien déterminé (chacun son
tour, hein...) à se taper la petite Concia...

Bon, la première
chose à dire sur ce film est qu'il a coûté la modique somme de 10 millions
d'euros, soit environ le tiers d'un Pacte des
Loups, un peu moins que le magnifique Darkness de Jaume
Balagueró (La Secte Sans
Nom) et ses 12 millions de dollars, et beaucoup plus que la
plupart des productions françaises, espagnoles et européennes d'une façon
générale... Ensuite il est indispensable de dire que mon sentiment à
l'égard de ce film dépasse de très loin ce que le commun des mortels
appelle la haine et je ne saurais que trop conseiller à nos lecteurs, s'ils
ont aimé ce film (ce que j'ai bien du mal à concevoir malgré tout, mais
bon...), de passer leur chemin s'ils ne veulent pas être froissés par
cette critique, qui établira point par point les raisons qui me poussent à
me montrer aussi dur, voire même cruel, envers ce film.
Tout
d'abord, quand on voit la teneur du scénario, emprunté à à peu près tout
ce qui a été fait en matière de film d'extraterrestre ou de littérature
fantastique (hop un petit coup de Chroniques Martiennes par
ci, un petit coup de La Guerre Des Mondes par là...). Alors
d'accord, on va me dire que c'est volontaire, que les frères Poireaud (ça
me fait presque mal de mettre une majuscule à leur nom, tiens...) ont
avant tout voulu faire un film hommage, etc etc... D'ailleurs on va
certainement me dire que tout le film est fait exprès, que ci, que là...
Toujours est-il qu'au contraire d'un Tim Burton, avec son fameux Mars
Attacks ! (1996), qui lui aussi reprenait toute une imagerie populaire
(les vignettes de chewing-gum des années 50-60 notamment), pompait
volontairement à droite et à gauche, mais qui, avec le talent qu'on lui
connaît, nous servait un film drôle, décalé, réussi sous bien des aspects,
un patchwork hyper cohérent et surtout à mourir de rire. Les frères
Poireaud, eux, s'embourbent dans un scénario qui tient sur un bout de papier toilette, à l'humour qui ne dépasse pas la cuvette des chiottes. Et pourtant dire de ce film que c'est une merde serait lui faire encore bien trop d'honneurs !!! Je n'ose d'ailleurs même pas parler de l'utilisation navrante de la voix-off ou de la fin du film, consternante... Et dire qu'ils se sont mis à 5 pour faire ça... 
Après le scénario, il est
de bon ton de parler de l'image. Alors, bon point du film, la photographie
est magnifique. Bon, dommage, on n'a pas tellement le temps de s'en rendre
compte étant donné que le cadreur était très certainement en pleine
overdose, où s'essayait à filmer avec les pieds... En tous cas, quelque
chose de grave a du lui arriver lors du tournage puisque la caméra passe
son temps à bouger dans tous les sens, tant et si bien que Lars Von Trier
passe à côté pour un modèle de stabilité et de finesse dans sa composition
de cadres... Sans parler des scènes pendant lesquelles les extraterrestres
attaquent. Là, on se dit, bon va y avoir du gore un peu, de la tripaille
filmée en gros plan à la BrainDead....
Que nenni ! Pourquoi faire travailler Spadaccini (un des plus grands
maquilleurs d'effets spéciaux en France, et même très probablement au
monde, qui nous a entre autres concocté les magnifiques cadavres des Rivières
Pourpres du pote Kasso), alors qu'on peut tout simplement bouger
la caméra dans tous les sens en modifiant l'angle d'obturateur de
l'objectif de la caméra, dire de créer un ‘tit effet stroboscopique très
"fashion" ? Un Spadaccini pourtant présent sur le tournage, pour créer et
animer un chien en peluche (?!?) répondant au doux nom de "Toby" et faire
(ah ben quand même) le maquillage d'un homme, Chef Brody et heureux
propriétaire de Toby, dont le visage a été tout simplement décharné par
les charmantes bestioles... 
Et je vous parle là des
deux personnages les plus intéressants du film ! On passe les 9/10ème du
film à se demander ce que Benoît Poelvoorde, malgré des punchlines plutôt
comiques dont il a le secret, Vanessa Paradis ou Jean-Pierre Marielle sont
venus faire dans un film pareil, qui ne leur rend pas justice, loin s'en
faut ! Le choix de Jason Flemyng dans le rôle de James Bataille n'est pas
non plus des plus judicieux, dans la mesure où il n'est ni drôle, ni bon
acteur (ça n'est pas sa performance dans La Ligue des
Gentlemen Extraordinaires qui prouvera le contraire...). Mais soit
! D'ailleurs, tout ça n'est que la partie immergée de l'iceberg haineux
que je traîne avec peine depuis deux jours.
Avant tout, plus que tout,
Atomik Circus est un film parfaitement irresponsable et
irrespectueux. A une époque où le cinéma fantastique français, après les
récents tollés que furent Blueberry, Brocéliande,
Haute
Tension (pourtant pas si mauvais que ça, surtout grâce à la
présence de Philippe Nahon, et malgré une fin complètement con), ou encore
Immortel
(Ad Vitam), Jeu
d'Enfants, ou Promenons-Nous
dans les Bois.... et j'en passe, est en très grand danger, à une
époque donc où, malgré tout, Christophe Gans se lance de façon plutôt
convaincante dans la production de cinéma fantastique avec Saint-Ange
de Pascal Laugier, voilà un film qui viendra très certainement porter une
estocade douloureuse, voire même fatale à un genre d'ores et déjà
souffrant. Rien que pour ça, je voue une haine quasi sans borne aux frères
Poireaud et leur volonté de faire de l'original à la con, de faire du film
référencé et hommage bidon, là où un minimum de "sérieux" (j’entends par
là faire un vrai film d’horreur, sans humour pipi-caca-popo) et une
démonstration d'un véritable savoir faire en France aurait été plus que
bienvenus ! Je ne vais pas m'étendre pendant des plombes sur mes
motivations, mais disons que les jeunes réalisateurs amoureux de cinéma
fantastique (dont je fais partie) et qui essaient tant bien que mal de
partager et vivre leur passion avec le plus grand nombre (ce que j'essaie
de faire aussi...) ont désormais bien du souci à se faire après un tel
film... Merci les frères Poireaud, merci Atomik Circus, film
inutile, dispensable, insultant et une fois de plus parfaitement
irresponsable dans le contexte de production actuel...
Prions, mes
frères, prions...
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