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MAXIMUM OVERDRIVE

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Olivier : (5/10)

Un film définitivement ancré dans les années 1980 et un Stephen King définitivement meilleur avec une machine à écrire qu’une caméra.

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( Maximum Overdrive - 1986)
 

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  Horreur.net - Critique de Maximum Overdrive (1986)

Critique de Olivier (5/10)

Conformément à l’adage qui voudrait que l’on ne soit jamais mieux servi que par soi-même, Stephen King décide d’adapter lui-même, pour la seule et unique fois, une de ses nouvelles pour le grand écran, en l’occurrence Poids lourds qui figure dans le recueil Danse macabre.

La Terre croise la trajectoire d’une comète et, pendant une semaine, se trouve prise dans un halo qui va provoquer d’énormes interférences électriques et donner une vie autonome aux machines. Tandis que ces dernières prennent le pouvoir, un petit groupe d’humains réuni dans une station-service tente de survivre tant bien que mal. A noter que ce n’est pas la première fois, loin de là, où Stephen King relie des éléments qui se passent sur notre bonne vieille Terre à des phénomènes célestes, du type comètes, éclipses… (cf. Dolores Claiborne, Jessie...)

Bon, l’adage est là, mais il faut aussi parfois ne pas être trop présomptueux : le King ne peut pas être bon en tout. Et d’ailleurs, il le montre malheureusement avec ce film qui comporte, il est vrai, de bons éléments et des débuts prometteurs avec ses machines qui insultent les passants ou leurs utilisateurs (dont Stephen King himself) : on croirait être de retour dans une de ces bonnes séries B comme pouvait en faire John Carpenter et ces messages qui s’inscrivent sur les prompteurs « Asshole », « Fuck you » ne sont pas sans rappeler ceux qui, deux ans plus tard, alimenteront Invasion Los Angeles. Le film commence fort aussi avec la catastrophe liée à l’ouverture du pont, alors que les barrières ne se sont pas fermées, séquence assez bien réalisée et qui ne lésine pas en morts accidentelles. On retrouve d'ailleurs la patte du King, avec le van noir sur lequel est inscrit AC-DC, AC-DC qui a composé la musique du film, ou encore avec ce camion chargé de pastèques qui viennent s’éclater sur les pare-brises des autres véhicules comme des corps humains un peu trop mûrs, ou comment donner un effet sanglant sans sang.
L’attaque sur le terrain de base ball est assez impressionnante elle aussi car filmée avec un détachement inhabituel, renforcé par la musique d’AC-DC. Pourtant, certaines morts ne sont pas anodines, comme ce gamin qui se fait écraser par un rouleau-compresseur ou encore l’entraîneur qui se fait défoncer le crâne à coups de cannettes.

Voilà, le décor est posé ; reste maintenant à écrire un scénario qui tienne la route et, paradoxalement, Stephen King n’y parvient pas véritablement : une fois que tous les protagonistes nous ont été présentés, une sacrée bande de losers, même pas drôle, mais certainement pathétique, on tourne en rond, comme les camions autour de la station-service.

Emilio Estevez (Alarme fatale) joue au Charlie Sheen du pauvre car tant physiquement qu’au niveau de son jeu d’acteur, on note des similitudes alors que, dans le cas présent, il n’est pas censé jouer dans une parodie. Les autres ne manient pas la nuance dans l’interprétation de leurs personnages, même si certains restent plus amusants que d’autres, notamment le jeune couple de just married. Le jeu d’acteurs est assez médiocre donc (à noter la présence de Pat Hingle, le commissaire Gordon dans la série des Batman, dans le rôle du propriétaire de la station-service), et il faut reconnaître que le niveau des dialogues n’aide pas. Comme pour d’autres films, les répliques sont tellement nulles qu’elles prêtent à sourire et pourraient finir par être d’anthologie (« Jesus is coming and he is pissed »).

C'est bien dommage car on sent, parfois, que le King est toujours derrière la caméra, notamment avec tous ces camions, qui ne sont pas ordinaires et qui ont réellement chacun leurs personnalités et dont les pubs qu’ils véhiculent renvoient à toute une culture, à toute une époque, à une Amérique dont Stephen King est définitivement un pur produit. Et c'est vrai que c'est un plaisir de voir quelqu'un qui a pu tellement s’imprégner d’une culture, d’une sous-culture diront certains mais qui fait toute l’identité d’un pays. Mis à part ces détails concernant les camions, il faut noter cette scène dans les toilettes où le pseudo-héros interroge un de ses collègues : ce dernier est alors assis sur le trône et il répond à ses questions entre deux pets (désolé pour ceux qui sont à table). Cette scène suffit à vous montrer le niveau d’ensemble du film.

Quant à la musique, c'est toujours agréable d’écouter un peu d’AC-DC, mais force est de constater qu’ici, elle tombe souvent à plat.

Le happy end, différent de celui de la nouvelle écrite, n’est pas non plus des plus réussies et ne parvient pas, loin de là, à relever l’ensemble du film.

En 1997, la nouvelle de Stephen King a donné lieu à une adaptation pour la télévision : Trucks, réalisé par Chris Thomson, et apparemment, ce fut encore pire.

Olivier

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En résumé:

Un film définitivement ancré dans les années 1980 et un Stephen King définitivement meilleur avec une machine à écrire qu’une caméra.

 

Note du rédacteur: 5/10
Note moyenne de la rédaction : 4.50/10

 

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