Le film rempli le minimum syndical inhérent à tout slasher et en retient les qualités et les défauts. Sans transcender le genre, ni faire figure de modèle, Halloween 4 reste un volet sympathique de la série qui retrouvait à l'occasion ses origines. Les deux épisodes suivants contribueront d’ailleurs à le réévaluer fortement...
Dix ans se sont écoulés depuis l'horrible massacre d'Haddonsfield. Michael Myers, l'ignoble meurtrier psychopathe doit être transféré du quartier de haute sécurité où il se trouve (ah ouai, finalement il était pas mort mais seulement blessé!) vers un hôpital d'Etat. Mais durant le trajet, il parvient à s'évader et recommence à tuer. Décidé à le rattraper, le docteur Loomis (pas mort lui non plus, seulement brulé, alors qu'on le croyait explosé!!) va suivre sa piste, une piste jonchée de cadavres et qui conduit tout droit à Haddonsfield où vit Jamie, la propre nièce de Myers.
Dans la réalité, 5 années se sont écoulées depuis l’épisode précédent, (Halloween 3: Le sang du sorcier) qui avait orienté la saga vers d’autres histoires. Le bide critique et financier de ce dernier semblait cependant avoir enterré définitivement la série.
Mais voilà, en cette fin des années 80, deux tueurs se disputent le haut de l’affiche : Jason et Freddy. Moustapha Akkad producteur des premiers Halloween entend bien profiter de cette vague pour imposer un troisième psychokiller oublié : Michael Myers. Propice à relancer l’intérêt des fans des deux premiers épisodes, le film est avant tout fondé sur un retour aux sources qui avaient fait le succès de la série. Bien évidemment, le premier reflexe fût de demander à Carpenter lui-même (réalisateur du premier et producteur éxécutif des deux suivants) de s’impliquer dans cette séquelle. Or, celui-ci à l'époque bien en colère contre le système et disposant d’une totale liberté chez Alive films (pour lesquels il signera le terrifiant Prince des Ténèbres et le brûlot de SF Invasion Los Angeles) refuse et s’oppose, en vain, au projet en tant que créateur des personnages. Même refus du côté de Jamie Lee Curtis. Le seul à accepter sera finalement Donald Pleasence qui reprendra donc son rôle mythique du Dr. Loomis (chose qu’il perpétuera jusqu’à Halloween 6).
Que dire du scénario ? Sans révolutionner le genre, l’histoire malgré de nombreuses invraisemblances parvient à nous faire nous intéresser aux personnages, et notamment aux deux héroïnes : Rachel (Ellie Gottwald) et la jeune Jamie Lloyd (Danielle Harris). Doté d’une interprétation solide, ces rôles ainsi que quelques autres évitent au film de plonger dans la catégorie des très mauvais slasher.
Assez classique dans le fond comme dans la forme, Halloween 4 se révèle être apprécié par les fans de la série parce qu’il marque certes, le retour de Michael Myers, mais aussi parce qu’il est la transposition réussie d'un univers très seventies à la fin des années 80. Fidèle aux deux premiers volets, le film nous amène donc en territoire connu et balisé. Nous retrouvons le tueur au masque blanc dans des lieux et des situations familières, mais ce qui s’amorçait un peu avec Halloween 2, explose ici à l’écran : Myers n’est plus qu’un tueur psychopathe comme les autres, et celui-ci perd toute son aura d’incarnation du mal et de boogeyman que Carpenter avait su lui conférer. De fait, cela le rapproche du Jason de la série Vendredi 13, dans le sens où il semble doué d’une force surhumaine (la scène où il met ses doigts dans une tête comme dans une boule de bowling, par exemple !) et qu’il semble parfois apte à apparaître dans n’importe quel endroit, souvent au mépris de toute logique scénaristique et de vraisemblance…mais bon.
D’énorme daube que le film aurait pu être de par le sujet (rappelons quand même que logiquement Myers et Loomis sont mort à la fin du deux, ce qui commençait mal comme postulat de base !), Dwight H. Little parvient malgré tout à réaliser un slasher honnête qui sans égaler les 2 premiers ne tourne pas en ridicule l’univers préexistant. En clair, le 4e volet ne fait pas honte à la série, chose que réussiront magnifiquement les 2 épisodes suivants.
Au dessus du niveau de certains Vendredi 13 (notamment ceux sortis à l'époque d’Halloween 4), le film de Dwight Little reste un film tout à fait regardable, respectueux du genre et représentatif du cinéma d'horreur commercial de cette époque. Certes, il n’est pas parfait mais certaines scènes parviennent à capter notre attention (le huis clôt dans la maison notamment) et cela est déjà beaucoup. On regarde ce film sans s’attendre à voir un chef-d’œuvre et au final l’impression reste plutôt positive. Chose qui nous conforte dans l’idée que la série aurait due se clore définitivement par ce 4e chapitre qui nous proposait une fin intéressante et surprenante (enfin un peu, faut pas exagérer non plus…) qu’Halloween 5 s’empressera de démonter.
Le film rempli le minimum syndical inhérent à tout slasher et en retient les qualités et les défauts. Sans transcender le genre, ni faire figure de modèle, Halloween 4 reste un volet sympathique de la série qui retrouvait à l'occasion ses origines. Les deux épisodes suivants contribueront d’ailleurs à le réévaluer fortement...
Note du rédacteur: 6/10
Note moyenne de la rédaction : 5.10/10