Cinq jeunes qui viennent de finir leur année d'études à la fac décident de partir en forêt, dans un châlet qu'ils ont loué, histoire de fêter tout ça. Malheureusement pour eux, un terrible virus y sévit.
Le réalisateur est un très bon ami de David Lynch, d'ailleurs producteur exécutif du film (l'apparition du lapin dans l'hôpital serait d'ailleurs un clin d'oeil d'Eli Roth à son mentor : sans doute une private joke car je ne vois pas le rapport). Sans ce patronage, Eli Roth bénéficierait-il d'une telle presse ? Pour ma part, j'en doute fortement.
Ce film est certes un hommage aux grands classiques du genre : Evil Dead pour le châlet perdu au milieu de la forêt mais aussi par les effets spéciaux réalisés par K.N.B EFX Group qui avait travaillé sur Evil Dead 2 et 3, Massacre à la tronconneuse pour les culs-terreux déjantés, La Nuit des Morts-Vivants pour le final, ou plutôt pour l'un des finals, car plusieurs s'accumulent et cela devient lassant à force, mais ces clins d'oeil ne suffisent pas à faire un bon film, loin s'en faut.
Il y a d'abord le jeu des acteurs, mauvais quand il n'est pas exécrable : le personnage de Bert, mais tout comme l'acteur qui l'incarne, James DeBello, est insupportable, on a vraiment hâte qu'il crève. Quant à ses quatre compagnons, il est presque inutile de les mentionner (mis à part le fait que c'est un gâchis que de si jolies filles soient touchées par la maladie).
Le suspense ne va ni crescendo ni descrescendo : il ne va pas. Le score d'Angelo Badalamenti, compositeur attitré de David Lynch (Blue Velvet, Lost Highway, Mulholland Drive), se retrouve bien seul pour essayer de le bâtir. Il est certain que le sang gicle mais le dégoût disparaît vite tant le réalisateur ne fait pas dans la demi-mesure. A l'exception de la scène de l'épilation, physiquement insupportable, gerbante.
Au niveau du grain de l'image, des plans et des cadrages, on retrouve l'atmosphère propre à Massacre à la tronconneuse mais le montage n'est pas toujours à la hauteur : chaque nouvelle journée est ponctuée par un plan sur un soleil levant dont le rapport avec la luminosité du plan suivant est nul. Les ralentis ne sont pas non plus du meilleur effet.
Eli Roth disait qu'il devait trouver des acteurs que "les longues attentes [...] ne dérangent pas". Il aurait pu en dire de même pour les spectateurs de son film : pendant une heure, que c'est long ! et ce n'est même pas bon ! La mise en branle du film est vraiment des plus laborieuses : seule la fin et la folie meurtrière qui touche l'un des protagonistes viennent ranimer notre rythme cardiaque. A l'exception de certaines scènes, comme celle du kung-fu, totalement inappropriées dans ce genre de film. Pour Atomik Circus, le retour de James Bataille, je ne dis pas, mais là non.
Au final, une idée de départ intéressante, mais qui à l'arrivée se transforme en un beau désastre. Et dire que d'après la promo qui a accompagné le film, Peter Jackson l'a trouvé génial...