Après un Pitch Black, dans lequel nous découvrions le personnage de Riddick, incarné par Vin Diesel, David Twohy, réalisateur du premier opus, nous revient avec Les Chroniques de Riddick dans lequel il abandonne le survival d'individus perdus dans l'espace sur une planète infestée d'aliens (pitch de Pitch Black) pour entrer de plein pied dans la science-fiction et le film d'action. Moins mystique qu'un Dune, plus couillu que la série des Star Wars, il nous en met plein la vue pendant près deux heures. Et avec 105 millions de dollars contre 23 pour Pitch Black, il en a les moyens.
L'univers est confronté à une menace : les Necromongers qui veulent convertir toutes les nations à leur culte et, si elles n'acceptent pas, les détruire. Seul Riddick, un des derniers de la race des Furians, peut les mettre en échec. Eh oui... Certains sont nés sous une bonne étoile, ou une mauvaise, appelez cela comme vous voulez.
Le scénario de David Twohy est ambitieux : de nombreuses portes sont ouvertes pour une suite. On découvre différentes races, différentes planètes, on évoque l'Underverse, un univers inférieur où règnent les forces du Mal... Le tout servi par des décors grandioses. Une grande fresque.
Vin Diesel s'en sort plutôt bien dans le rôle de Riddick : il s'implique d'ailleurs à 100% dans ce film, tant au niveau des cascades que du financement puisqu'il est producteur du film. Il ne s'agit pas de dire qu'il offre, par ses expressions, une palette des différents sentiments humains, loin de là. Il s'impose plutôt comme un Schwarzie du troisième millénaire mais cela colle bien au personnage de Riddick. Quant aux autres acteurs, ils campent comme il faut des personnages de science-fiction, qui, plus que des individualités, représentent des archétypes.
La réalisation est des plus efficaces et on ne s'ennuie pas pendant ces deux heures et la fin même n'en est pas une, ce qui change des films aux fins qui s'étirent. Les scènes d'action s'enchaînent, ici pour fuir des chasseurs de prime, là pour s'évader d'une prison (avec quelques incohérences : 700 degrés au soleil, moi je veux bien, mais à l'ombre, ça fait encore beaucoup, non ?) ou encore là contre le chef des méchants... Certains plans et scènes sont particulièrement réussis, notamment cette sortie sur la planète Crematoria sous une pluie de cendres.
Malheureusement, PG-13 oblige, la violence des scènes de combat est grandement atténuée par l'absence totale d'effusion de sang, ou alors pas plus qu'un matin, lorsque l'on se rase, mal réveillé. La musique, quant à elle, de Graeme Revell (Pitch Black, Une Nuit en Enfer, Freddy contre Jason, La Fiancée de Chucky, La Nuit des chauves-souris), manque de grandiloquence et d'emphase. On reste loin de la musique de John Williams.
Deux répliques à elles seules suffisent à résumer l'esprit du film : "I'll kill you with my teacup" et "If I owned Hell and this place, I'd rent out this place and live in Hell."
David Twohy souhaiterait que ces Chroniques de Riddick ne soient que le premier épisode d'une trilogie dont Pitch Black n'aurait été qu'une préquelle. Espérons que son semi-échec commercial au box-office américain (57 millions de dollars de recettes pour un budget deux fois supérieur) ne le stoppera pas dans son élan.
A noter que Riddick a donné lieu à la sortie en DVD d'un film d'animation Dark Fury, dont l'intrigue fait le lien entre Pitch Black et Les Chroniques de Riddick, mais aussi à un en jeu vidéo, The Chronicles of Riddick : Escape from Butcher Bay, qui relate les évènements antérieurs à Pitch Black. Ah ! Franchise ! Franchise ! C'est Universal qui est content.
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