Un épisode décevant, révélateur du manque d’inspiration d'un Tobe Hooper qui ne semble plus capable de croire véritablement à un projet. Un épisode très moyen qui constitue une première grosse déception pour cette deuxième saison.
Aurelien : (6/10)
Un épisode loupé d'un point de vue artistique? Peut-être. Mais réussi dans son côté "roller coaster". Et quand on sait que c'est ainsi que Hooper définit l'horreur et qu'il aime oeuvrer, on se dit que c'est pas plus mal. Un artisan honnête et généreux en soi.
Pour débuter cette deuxième saison (et probablement dernière avant que « Fear Itself » ne prenne le relai en 2008), Mick Garris, dont le plus grand titre de gloire est d’or et déjà la production de ces « Masters of horror » et non sa carrière de cinéaste, confie le premier épisode 2007 à un Tobe Hooper quasi toujours décevant depuis le début des années 80.
Je ne vous ferai pas ici, l’affront de vous rappeler l’œuvre majeure de ce cinéaste qui n’a jamais réussi à confirmer par la suite les espoirs placés en lui. Pire encore, un certain nombre de ses films ne sont même pas digne du pire tâcheron, au rayon daubes citons donc Night terrors, Red evil terror, Crocodile et Mortuary qui n’en est pas très loin. Un filmo récente décevante ou émerge malgré tout quelques sympathiques surprises comme Toolbox murders et un pourtant décrié Dance of the dead de la première saison des MOH qui malgré des ambitions trop élevés présentait une ambiance et quelques séquences malsaines du plus bel effet.
Ici encore comme lors de la première saison, Hooper met en scène un scénario de Richard Matheson présentant cette fois une petite ville américaine (Texane bien évidemment) dont les habitants sont pris d’une folie meurtrière. Une malédiction qui perturbe fortement le shérif campé par Sean Patrick Flanery qui avait assisté dans son enfance au meurtre de sa mère par son père lors d’une crise de démence similaire.
Malgré une véritable envie de croire en cet épisode et de se laisser prendre au jeu d’une ambiance mystérieuse, les choses ne vont malheureusement jamais beaucoup plus loin, la faute à un récit brouillon qui décroche très vite le spectateur par la faute d’effets prévisibles. En effet, les quelques surprises ne sont dues qu’à certaines séquences gores inquiétantes et efficaces (l’ « automassacre » au marteau par exemple) mais totalement inappropriées et en décalage avec le reste du récit. Celles-ci apparaissent donc comme totalement gratuites et flinguent la tension et le mystère instauré par cette entité maléfique qui dans la thématique se voulait pourtant Lovecraftienne.
Pourtant si d’indicible il sera question, cela sera dans le final totalement raté montrant une énorme flaque de bouse absorbant les derniers survivants (ah ben non il s’agit du pétrole Texan qui se venge de son exploitation par les méchants capitalistes !! On imaginait quand même Hooper capable d’être plus corrosif et impliqué dans ses propos!). Encore une fois l’irruption de cette tache de mazout numérique (crée par KNB mais qui ne parvient pas à être aussi inquiétante que la nappe qui hantait le lac et les abords du « radeau ») n’a rien à foutre dans un épisode qui était au départ inquiétant de par les déviances et folies des habitants de la ville (thématique chère au cinéaste) et qui conclue donc l’épisode de la façon la plus bâclée possible, en total décalage avec les intentions de départ.
Pourtant, au rayon des bonnes impressions, resteront probablement les séquences gores qui isolées fonctionnent pour la plupart, un effort certain sur la photographie, une interprétation globalement correcte et un Ted Raimi qui cabotine à mort dans le rôle d’un prêtre dégénéré déjà inquiétant bien avant d’être touché par la « force obscure ». Des points positifs qui ne parviennent malheureusement pas à donner à l’ensemble une véritable cohérence. En somme, un épisode décevant qui est surtout criant du manque d’inspiration d’un Tobe Hooper qui ne semble plus capable de croire véritablement à un projet. Un épisode faiblard qui constitue une première grosse déception pour cette saison 2.
Un épisode décevant, révélateur du manque d’inspiration d'un Tobe Hooper qui ne semble plus capable de croire véritablement à un projet. Un épisode très moyen qui constitue une première grosse déception pour cette deuxième saison.
Note du rédacteur: 4.5/10
Note moyenne de la rédaction : 6.12/10
Pour débuter la saison 2 des Masters of Horror, quoi de mieux que d’appâter le bon fanboy qui sommeille en chacun de nous avec un épisode de ce bon vieux Texan de Tobe Hooper. Yiiiha ! L’excitation du début retombe bien vite, car, comme nous allons le voir, et sans entrer dans une analyse globale de cette seconde saison, cet épisode donne en quelque sorte le diapason des 12 épisodes suivants. Je m’explique.
L’épisode de Hooper marque d’entrée de jeu une caractéristique apparemment banale et anodine, mais soudain assez révélatrice de l’esprit qui entoure le cinéma que nous chérissons tous. Et là, le mot tombe (roulements de tambour…) : adaptation ! Les Forces Obscures se révèle être l’adaptation d’une nouvelle d’Ambrose Bierce (écrivain et journaliste américain, 1842-1914), The Damned Thing en version originale. Mais plus encore, 9 épisodes de la saison 2 sont des adaptations (réussies ou pas, c’est un autre problème) de nouvelles ou romans. Alors quoi ? N’y a-t-il plus moyen de réaliser de bons films fantastiques ou d’horreur sans verser dans le remake, l’adaptation, le repiquage d’idées ou autre fainéantise de scénariste en mal de créativité ? Ca fait quand mal de voir de voir que certains se mettent en grève quand on observe l’affligeante banalité ambiante d’un genre qui ne s’assume plus. Mais je m’écarte du sujet principal. Traitons des Forces Obscures.
Réalisé en une dizaine de jours (comme chaque épisode d’ailleurs, cahier des charges oblige), le dernier Hooper est une semi déception. Porté par un casting mou du genou, l’adaptation de la nouvelle de Bierce (dans un Texas crédible bien que filmé au Canada) aurait mérité de s’attarder un peu plus sur ses protagonistes. Du texte original, il ne reste au final pas grand-chose, et Richard Christian Matheson tente ce qu’il peut pour faire illusion, ce qui ne fonctionne qu’un temps. La narration offre une mollesse digne des plus grands Derrick tant l’histoire peine à vraiment emmener le spectateur là où ça fait mal. Et les comédiens ne sont pas en reste. Sean Patrick Flanery incarne un shérif désabusé et un peu maso sur les bords, rapport à un traumatisme d’enfance encore vif. Malheureusement, il n’émeut pas le spectateur et ne se pose pas non plus en véritable anti-héros. Seul Ted Raimi s’en sort en curé étrange et cabot.
Cela dit, le film de Hooper possède une espèce d’aura qui fait qu’au final, on se réjouit du côté série B du samedi soir. Présenté comme un épisode flippant adapté d’une nouvelle terrifiante, Les Forces Obscures place ses aspects positifs dans d’autres domaines. A commencer par des effets spéciaux franchement gores qui invitent à penser une saison bien plus craspeque que la précédente. En cela également, cet épisode donne le ton d’une série bien plus jusqu’au-boutiste dans ses ambitions visuelles. La carte blanche du gore est utilisée à bon escient et les quelques scènes gores qui parsèment le film sont assez jouissives dans leur découpage et leur réalisation. KNB fait à nouveau merveille, notamment dans cette introduction où le fils observe le corps de son père torturé par une entité invisible. Bonnard ! Voilà aussi ce qui fait que cette série s’appelle Masters of Horror et pas « Masters of j’te fais un peu peur ». Des scènes de gun shot bien placées, du sang qui coule comme il faut, un monstre final supposé dantesque mais complètement foiré et rigolo (malgré l’utilisation regrettable du numérique ; timing serré oblige, KNB ne pouvait pas faire du sur-mesure pour chaque épisode). Lee Wilson bosse bien mais les soucis de calendrier poussent ses équipes à faire parfois du vite fait.
Au final, on gardera l’idée d’un épisode thermomètre, singulier, mêlant un style visuel génial et des contraintes qui ont forcément bloqué un développement plus sain. Histoire débile, fainéantise des scénaristes (faites un peu preuve de créativité les gars quoi !), scènes gores réussies (ou non), acteurs tous mous… L’épisode pop corn qui déteint un peu la carrière d’un Hooper motivé mais fatigué, ne marquant ni le cinéma d’horreur, ni nos mémoires. Mais bon, on se marre et c’est déjà pas mal.
Un épisode loupé d'un point de vue artistique? Peut-être. Mais réussi dans son côté "roller coaster". Et quand on sait que c'est ainsi que Hooper définit l'horreur et qu'il aime oeuvrer, on se dit que c'est pas plus mal. Un artisan honnête et généreux en soi.
Note du rédacteur: 6/10
Note moyenne de la rédaction : 6.12/10