Après avoir reçu un mail de l'un de ses amis biologistes, Steven McKray (Casper
Van Dien) décide de le rejoindre en Afrique, où ce dernier s'inquiète du nombre
élevé d'attaques de requins dans la région. Lorsque Steven arrive sur place,
une autre de ses connaissances, le docteur Craven, lui apprend qu'il a trouvé
les restes de son ami dans l'estomac d'un requin. Steven décide de mener l'enquête
avec la sœur de son ami défunt...

Shark Attack est une production Nu Image (Octopus, Spiders et sa suite, Crocodile et sa suite...), en conséquence de quoi, ne vous attendez pas à un cinéma
révolutionnaire, avant-gardiste, contestataire ou engagé. Attendez-vous plutôt
à un produit standard, à un "divertissement" gentillet et sans grande
inspiration ni originalité.
Depuis le choc de 1975 avec le film de Spielberg (ai-je vraiment besoin de
le citer ?), tous les "films de requins" sont invariablement sous
l'influence du film culte de Spielberg. Le réalisateur de Shark Attack,
Bob Misiorowski (auteur d'un Van Damme peu reluisant : Derailed), s'inspire
très librement des Dents de la Mer d'une manière assez basique. Entendez
par-là qu'il ne livre pas avec son Shark Attack un hommage au film
de Spielberg et qu'il se contente de "remanier" certaines scènes de
celui-ci (le coup de la pêche au requin de nuit avec un gros crochet et une
chaîne, le coup de la cage anti-requin, le coup du requin disséqué...). Inutile
d'établir plus de rapprochements entre les deux films car Shark Attack
n'est pas un "film de monstre" à proprement parler.
L'intrigue du film n'est pas spécialement intéressante mais l'on suit avec
un certain intérêt (tout du moins au début) l'enquête menée par Casper Van Dien.
A propos de ce dernier, il est assez regrettable qu'il ne soit pas très crédible
dans le film (Casper Van Dien biologiste, ça le fait beaucoup moins que Casper
Van Dien militaire dans Starshiptroopers). Pour en revenir au scénario,
il est des plus convenus et ne réserve pas de rebondissements que le spectateur
n'a pas flairé dès le début du film.

Et les attaques de requin dans tout ça ? C'est pas la joie de ce côté-là.
Entre les stocks-shots granuleux et les requins en plastiques filmés dans une
piscine, le spectateur a la très nette impression qu'on est en train de se payer
sa poire. Montées très "cut", les séquences d'attaques ne sont pas
terrifiantes pour un sou et aucun suspense n'est ménagé par le réalisateur au
préalable. Encore une fois, le spectateur reste sur sa faim et passif face
à ces séquences filmées par-dessus la jambe. Misiorowski préfère s'attarder
sur une poursuite en voiture (plutôt bien rythmée) et un gunfight final
(où les pêcheurs se révèlent aussi bons tireurs que les flics) pour conclure
son film. C'est maigre.
Enfin, et surtout pour les "connaisseurs", on remarquera que le
comportement des requins, tel qu'il nous est présenté dans Shark Attack,
ne correspond pas vraiment à celui des requins en milieu naturel (il faut voir
avec quelle facilité Casper Van Dien nage avec eux et les repousse d'une pichenette
sur le nez avec un baton en plastique). Mais bon, on doute que Scott Devine
et William Hooke (deux scénaristes quand même pour un film comme celui-ci) soient
des experts en la matière...
Bref, en un mot comme en cent; Shark Attack est un téléfilm en dessous
de la moyenne qui, même si l'on est un fan de shark movies comme moi,
mérite à peine que l'on s'y attarde (en plus, on a même pas droit à un peu de
fesses, alors...)
A noter que l'on retrouve dans le film Ernie Hudson (le Winston Zeddemore
de S.O.S. Fantômes), un acteur à la filmographie impressionnante que
l'on a pu voir dans Leviathan, The Crow, Congo...