Un film efficace et original. Bien interprété et doté de passage réellement angoissant, le film est à ranger du bon côté de la filmo de Craven. Une œuvre noire, personnelle et extrêmement cynique doublée d'une série B quand même bien allumée.
DERNIERS
COMMENTAIRES
Bon thriller, par langanay (Frisson dans la nuit, Un)
Fool est un garçon pauvre des ghettos noirs. Lorsque sa famille et sa mère malade sont sur le point d'être expulsés, il se laisse convaincre par Leroy (Ving Rhames), un cambrioleur, de pénétrer dans une immense maison pour trouver un butin caché. Ils s'introduisent difficilement dans la demeure et réalisent que le plus dur sera d'en sortir...
3 ans après la déception que fût Shocker, Wes Craven présente The people under the stairs. Inspiré d'un fait divers sur un couple ayant eu des enfants en secrets qui ont été découvert par la police pâles, muets et effrayés sans avoir jamais eu contact avec l'extérieur. De cette histoire, Craven va imaginer un couple diabolique agissant sous un couvert de normalité auprès du voisinage et de la société.
Sans révolutionner le genre, le film surprend agréablement et se voit remettre le prix spécial du jury au festival d’Avoriaz en 1992. Mélange entre ses grands films sur les familles dégénérées (La dernière maison sur la gauche, La colline a des yeux) et les contes des frères Grimm, Le sous-sol de la peur est lui-même un conte moderne et horrifique. Commençant comme un film dramatique sur le ghetto, l’histoire bascule rapidement vers la recherche d’un trésor caché. Dans le rôle des « ogres », un couple tout ce qu’il y a de normal en apparence (certes ils ont l’air barge, mais pas autant qu’on imagine) mais qui se révèle vite être de dangereux détraqués ayant piégé leur maison et emprisonnant dans leurs murs des enfants vivant comme des rats. Extrêmement cruels avec « leur » fille, ceux-ci cachent bien plus de folie qu’ils n’en laissent paraître. Ainsi, l’homme découpe par exemple de la chair humaine pour nourrir ces « créatures » qui peuplent les murs. La véritable personnalité du couple se révélant progressivement au fur et à mesure de la progression du récit, au point de devenir de véritables caricatures de psychopathes.
Wes Craven sait mieux que quiconque installer une ambiance malsaine et baignée de folie, il le prouve encore ici dans un film qui est à la fois dérangeant et cynique. Métaphore sur une certaine classe aisée que le pognon ferait dégénérer, le film à travers la structure du conte, est aussi une critique acerbe de la société Reaganienne "j'ai vraiment pensé à cette attitude qui consiste à prendre l'argent, l'accumuler et réprimer le reste des gens, les minorités. C'est ce qui s'est passé pendant huit ans sous Reagan" (Wes Craven).
Aussi, on pense beaucoup à des films comme Invasion Los Angeles, Le beau-père (the stepfather), Le dentiste ou Society.
Bien qu’extrêmement gore, le métrage est bercé par un humour qui accompagne notamment l’odieux couple, et ce jusqu’au final où l’homme revêt son « costume » : une combinaison SM qui montre le degré d’atteinte psychologique du personnage (d’autant plus lorsqu’on apprendra les véritables liens du couple). C’est cet étrange mélange entre l’humour et le malsain qui caractérise tout particulièrement le métrage. S'attaquant à l'un de ses thèmes de prédilection, "l'homme dégénéré", le réalisateur montre un couple intégré à la société et parvenant à s'isoler dans leur propre monde que constitue la maison. En outre un des enfants emprisonnés, Cafard, montre bien que ceux-ci s'accomodent de leur condition. Ils vivent dans les murs comme les rats dans les galleries mais n'ont pas l'envie de se rebeller: la raison ? Un poste de télévision que "Père" leurs a installé et qui les maintient dans un état de tranquilité relative, tel un narcotique puissant. Hasard ou non, les images diffusés sont des images de la première guerre du Golfe alors menée par Bush Sr. Là encore, difficile de ne pas y voir une volonté du metteur en scène qui ironise pour émettre ses critiques.
Saluons enfin la très bonne interprétation du couple Everett McGill / Wendy Robie qui formait déjà un duo déjanté dans la série tv Twin peaks, de même que celle du jeune Brandon Quintin Adams dans le rôle du déluré Fool. Sans révolutionner le genre, le film saura provoquer assez d’effroi pour trouver son public et s’avérer rentable après l’échec « Shocker ». Une oeuvre vraiment atypique et bien barrée. Le premier film "politique" et contestataire de son auteur.
Un film efficace et original. Bien interprété et doté de passage réellement angoissant, le film est à ranger du bon côté de la filmo de Craven. Une œuvre noire, personnelle et extrêmement cynique doublée d'une série B quand même bien allumée.
Note du rédacteur: 8/10
Note moyenne de la rédaction : 7.12/10