Un classique qui n’a pas perdu de son originalité et de son inventivité. La création d’un mythe pour un film réellement effrayant et contenant son lot de scènes cultes.
Plusieurs adolescents résidant à Elm Street son sujet à des cauchemars identiques mettant en scène un étrange personnage doté de longues lames au bout des doigts. Bientôt le monde des rêves va se trouver mêlé à celui de la réalité, lorsqu’une des filles du groupe se retrouve éventré dans la réalité alors qu’elle est attaqué dans son rêve…
Prenant comme idée de départ un fait-divers: celui d’un jeune homme mort dans des circonstances étranges pendant son sommeil alors que celui-ci refusait de s’endormir depuis plusieurs jours, Wes Craven va créer une icône du mal et une incarnation des peurs enfantines. En 1984, celui-ci est dans une passe difficile et accumule depuis plusieurs années les échecs (Swamp thing, La colline à des yeux 2,…). La création de ce personnage qui va devenir une icône du cinéma d’horreur va totalement relancer sa carrière. Présenté à Avoriaz en 1985 le film, dont on attendait peu de choses au départ, crée la sensation et remporte le prix spécial du Jury (en fait le 2e prix derrière le Terminator de Cameron).
Incontournable du genre, Les griffes de la nuit est une totale réussite. Les cauchemars sont réalistes dans le sens où ils se reposent sur des peurs connues, comme le fait d’être poursuivi, de se noyer, de ne pouvoir s’échapper,…
Par ailleurs, le personnage de Freddy Krueger est un croquemitaine inquiétant et souvent terrifiant (ce qu’il deviendra de moins en moins au fur et à mesure des séquelles). Toujours dans la pénombre et accompagné d’effets sonores très efficaces (le bruit des lames, la musique de Charles Bernstein et les différents sons dans la chaufferie), Freddy dans sa conception originale fait encore peur.
Bien que très encré dans son époque le film fonctionne toujours aussi bien. Les effets-spéciaux tiennent encore la route et les meurtres ont un impact aussi fort qu’à sa sortie. On pense notamment à la mort de Tina qui est ensuite traînée au plafond, au geyser (Johnny Depp) de sang ou bien à l’apparition de Freddy à travers les murs de la chambre. Quant aux personnages, Craven s’efforce de leurs donner un peu de profondeur à travers la culpabilité des parents à l’égard de la justice qu’ils ont rendu en brûlant le tueur, créant ainsi littéralement une malédiction sur leurs descendants (thème classique du fantastique repris notamment par Carpenter pour Fog). En outre malgré des personnages très fortement marqués « eighties », le jeu des acteurs est suffisamment convaincant pour nous faire adhérer à l’histoire (notamment Heather Langenkamp très loin des héroïnes féminines des slashers de l’époque). Par ailleurs, on ne peut que regretter les ultimes plans rajoutés en dernière minute (qui tranchent avec le reste du métrage) pour le clin d'oeil final qui sera une marque de fabrique de la série, laissant ainsi la porte ouverte à une suite.
En définitive, le film est un classique qui a légèrement perdu de son intensité pour la nouvelle génération qui le découvrira, mais l’inventivité et l’originalité du propos sont toujours là. Meilleur opus de la série, Les griffes de la nuit est une date dans l’histoire du cinéma fantastique. Beaucoup plus sombre et premier degré que les suites à venir, le film reste également le sommet de l’œuvre de Craven. Peu de réalisateurs peuvent se targuer d’avoir crée un personnage phare. Or, le tueur brûlé vif au pull rayé et au vieux feutre usé est bel et bien devenu un phénomène de société et une composante de la culture populaire. Plus que cela, un film culte des années 80 à revoir comme une œuvre à part, indépendamment de la série qui va suivre.
La saga Freddy est composée de 7 suites:
- La revanche de Freddy (1986, A nightmare on Elm street part. 2) de Jack Sholder
- Freddy 3, les griffes du cauchemar (1987, A nightmare on Elm street part. 3 - the dream warriors) de Chuck Russell
- Freddy 4 (1988, A nightmare on elm street part.4 - the dream master) de Renny Harlin
- Freddy 5 (1990, A nightmare on Elm street part. 5 - the dream child) de Stephen Hopkins
- La fin de Freddy (1992, Freddy's dead) de Rachel Talalay
- Freddy sort de la nuit (1995, Wes Craven's new nightmare) de Wes Craven
- Freddy contre Jason (2003, Freddy vs. Jason) de Ronny Yu
Un classique qui n’a pas perdu de son originalité et de son inventivité. La création d’un mythe pour un film réellement effrayant et contenant son lot de scènes cultes.
Note du rédacteur: 9.5/10
Note moyenne de la rédaction : 8.83/10