1851. La vapeur est une source d’énergie qui révolutionne le monde industriel. Dans une installation secrète, en Alaska, le professeur Lloyd James et son fils
Edouard mettent au point une invention d’une puissance inimaginable. Mais l’expérience tourne mal. Quelques temps plus tard à Manchester, Ray, le fils d’Edouard, reçoit par colis une étrange sphère de métal. C’est le début d’une aventure extraordinaire et dangereuse pour l’adolescent qui va devoir mettre son courage et son génie en œuvre pour sauver Londres de la destruction...
Dire que Steamboy était attendu est un euphémisme. Pour beaucoup d’amateurs de mangas et de japanimation c’est tout simplement LE film de l’année 2004 !
La raison tient en un nom : Otomo. Le créateur du mythique Akira n’avait pas retrouvé les écrans de cinéma français depuis 1991 et son chef-d’œuvre apocalyptique. Treize après, il revient là où on ne l’attendait pas forcément.
Ce nouveau film du prodige japonais risque d’en décontenancer plus d’un. En effet il y a peu de points communs avec Akira, du moins au premier abord.
Exit la science-fiction classique, Otomo livre une pure œuvre de steampunk, ce mouvement qui se plonge dans le passé en le modifiant et en le dotant de caractéristiques technologiques modernes (comme dans La Ligue des Gentlemen Extraordinaires). On découvre donc une Angleterre du 19ème siècle avec des voitures à vapeur, des dirigeables dotés de pinces géantes, des sous-marins, des machineries gigantesques… Surprenant ! Mais on s’habitue très rapidement à cet univers. Un univers qui permet à Otomo de se régaler d’un point de vue visuel. Car Steamboy est un véritable bonheur pour les yeux ! Fluidité de l’animation, couleurs superbes, personnages
vivants, décors de l’Angleterre victorienne criants de vérité, images de synthèse s’intégrant parfaitement à l’animation traditionnelle… Du grand art ! Il faut dire qu’il a coûté la bagatelle de 20 millions de dollars, ce qui en fait le
plus cher des films d’animation produits au Japon.
Alors certes l’histoire n’est pas des plus passionnantes. C’est le gros point faible du film. Un film qui ne fait pas dans le "concis" (plus de deux heures), certaines scènes traînent d’ailleurs en longueur. Mais le scénario contient d’excellentes idées et surtout une ironie grinçante sur le progrès et ses dérives, notamment militaires et mercantiles. On retrouve dans des scènes quasi surréalistes (attaquer l’Angleterre pour vendre des armes !) l’esprit contestataire et engagé du réalisateur d’Akira. Les fans apprécieront.
En résumé:
Pas le meilleur film d'Otomo mais un anime bourré d'idées intéressantes.
Note du rédacteur: 8/10
Note moyenne de la rédaction : 8.00/10