Etats-Unis, New Jersey, dans la petite ville de Gatlin, tous les enfants
se sont rebellés contre leurs parents et les ont massacrés sans ménagement. Ils sont menés par un jeune garçon répondant au nom d'Isaac, qui prétend recevoir la parole du seigneur et agir selon son bon vouloir. Trois ans après l'arrivée d'Isaac à Gatlin, Burton et Vicky, un couple d'étrangers, débarquent dans la région. Lorsqu'ils arrivent à Gatlin, ils découvrent une ville déserte. Ils sont bientôt pris en chasse par Malaki, le sinistre sbire d'Isaac...
Le scénario du film s'inspire de la plutôt maigre nouvelle de Stephen King, Les Enfants du Maïs, paru dans le recueil Danse Macabre. Sur le papier, le pitch n'est pas trop mauvais mais sa transposition en film n'est malheureusement pas des plus réussies. D'autant plus que le scénariste a pris beaucoup de libertés par rapport au matériau originel (ajout de personnages, de lieux, de situations, etc.).

Le début du film (avec la voix off du jeune Job) est confus et même si la scène d'ouverture dans la cafétéria est plutôt réussie, le reste est loin d'être du même acabit. Premier film de Fritz Kiersch, Les Démons du Maïs peine à trouver son rythme et à captiver son spectateur. L'intrigue n'est pas riche en rebondissements et l'on a du mal à sentir la présence de la moindre atmosphère dans le film. La mise en scène est peu inspirée (Kiersch est loin de savoir filmer les champs de maïs comme le fera plus tard Victor Salva dans son Jeepers Creepers 2) et se rapproche beaucoup de celle d'un slasher basique (genre
en plein boom lors de la mise en chantier du film).
Les personnages sont peu intéressants ou alors mal exploités. Le cas le plus
flagrant est celui d'Isaac : le jeune acteur a une certaine présence et son
jeu n'est pas mauvais, mais il est rarement filmé à son avantage ou avec le
moindre soucis pour créer une réelle atmosphère à chacune de ses apparitions.
Les autres enfants du film se débrouillent plutôt bien, avec une mention spéciale
à Courtney Gains, qui interprète Malaki et qui est assez convaincant (son physique,
à l'instar de John Franklin qui interprète Issaac, y est sans doute pour beaucoup).
Les adultes s'en sortent un peu moins bien que les enfants (notamment cette
pauvre Linda Hamilton).

Et lorsque le réalisateur essaye de créer un peu de suspense, il échoue lamentablement.
La scène avec le garagiste et son chien en est un exemple flagrant : le garagiste
donc, se retrouve seul devant sa station. Quelques plans sur les champs de maïs
environnants renseignent tout de suite le spectateur qu'il a de la compagnie.
Le garagiste fait le tour des environs et entend soudain du bruit dans son garage.
Il pénètre à l'intérieur. Kiersch filme quelques plans sur les mains des enfants
en possession d'ustensiles en tout genre (crique, chaîne, couteau...). La musique
grimpe crescendo, les enfants se rapprochent tandis que le garagiste a remarqué
leur présence et s'apprête à passer à l'attaque et... Rien. Le réalisateur nous
renvoie directement sur les deux tourtereaux du film dans leur voiture. Kiersch
vient de désamorcer tout le suspense qu'il avait à peu près réussit à créer.
Dommage car les meurtres hors-champs, même s'ils peuvent être parfois efficaces,
ne sont pas tellement du goût du spectateur lambda...
Les Démons du Maïs n'est pas un mauvais film mais le manque de maîtrise
du réalisateur (dont c'était le premier film rappelons-le) et les faiblesses
et incohérences du scénario ne tirent pas le film vers le haut. Un spectacle distrayant,
à la bande-son assez réussie, qui aurait mérité un petit soupçon de gore, histoire
de rappeler au spectateur qu'il regarde un film d'horreur...
Le film a remporté cinq fois sa mise de départ (environ 5 millions de dollars)
et a bien marché dans les videoclubs. Children of The Corn, c'est aujourd'hui
une franchise qui s'éternise à n'en plus finir avec pas moins de 7 films
(de facture très moyenne) à ce jour.