Pour échapper à une excursion au Pays de Galles, quatre lycéens d'une école privée, Liz (Thora American Beauty Birch), Mike (Desmond Love Object Harrington), Frankie (Keira Pirates des Carraibes Knightley) et Geoff ne trouvent rien de mieux que de s'enfermer pour trois jours dans un bunker. Au programme : alcool, sexe et drogue ? Au début, oui, mais ça dégénère vite. Le docteur Horwood (Embeth Evil Dead 3 Davidtz) va chercher à comprendre ce qui s'est passé.
Nick Hamm, metteur en scène réputé de la Royal Shakespeare Company, réalisait ici son deuxième long métrage après avoir travaillé pour la télévision. Avec cette unité de lieu que représentait le bunker, on pouvait donc penser qu'il serait particulièrement à l'aise. Pourtant, le caractère claustrophobique du lieu, de même que son aspect nécessairement sordide, ne ressortent pas suffisamment et si la tension reste palpable tout au long du film, elle aurait sans aucun doute pu atteindre un cran supplémentaire.
Le scénario n'en reste pas moins captivant puisque l'histoire est racontée successivement à travers deux personnages qui ont pris directement part aux évènements mais dont les versions diffèrent totalement. Le spectateur ne tarde pas à émettre quelques doutes sur la version d'un des protagonistes et finalement, dans ce film, la tension est plus prégnante que le suspense. Quant à l'horreur que le début du film laissait entrevoir, avec cette fille qui hurle au téléphone, elle est démentie pour les faits qui, même s'ils sont loin d'être anodins, n'ont rien d'horrifique ou de fantastique. D'ailleurs, ce film a été primé, non dans un Festival fantastique, mais au Festival du film policier de Cognac.
Les différentes versions concernant les évènements passent d'autant mieux que l'interprétation des acteurs est assez remarquable et très naturelle. On notera à ce sujet le passage où il semble exister une réelle complicité entre eux lorsqu'ils miment une scène, pensant qu'ils sont sur écoute.
Même si le film ne nous réserve donc pas de grandes surprises, ni de grandes révélations, il se suit réellement avec intérêt jusqu'au dénouement, et ce du fait de l'interprétation des acteurs mais aussi du score de Clint Mansell (Requiem For A Dream, Pi) qui n'enlève rien à l'ensemble. Et pour une fois, les dialogues ne sont pas insipides ni les jeunes (trop) caricaturaux.