Un épisode étrange mais loin d’être indispensable. Le film a mal vieillit et est qualitativement très loin du premier volet. Dommage, quelques idées étaient pourtant intéressantes…
Laurent : (6/10)
De bonnes idées gâchées par une mise en scène médiocre.
Voilà indubitablement le Freddy le plus étrange de la série! En effet, il se retrouve les fesses entre deux chaises, l'une qui se place du côté du premier épisode, sombre à l'ambiance oppressante, et l'une du côté des autres volets de la série, dans lesquels on peut voir un Freddy pseudo-comique et par là même totalement à côté de la plaque.
Ce deuxième volet part pourtant avec de très bonnes intentions, le réalisateur Jack Sholder voulant succéder avec brio à son prédécesseur Wes Craven, qui dès le départ s'écarta du projet. Le problème reste que le traitement demeure trop limité pour faire de ce film une suite réussie. En effet, faire sortir Freddy du monde des rêves et le faire intervenir en "live" aurait pu faire partir la série vers de bonnes choses. Mais hélas, la mise en scène et le jeu d'acteurs handicapent le tout plus qu'autre chose.
Mark Patton, qui interprète le héros Jesse, n'est pas vraiment convaincant dans son rôle d'ado tourmenté, tout comme sa copine Lisa, jouée par Kim Myers, impressionnante sosie de Meryl Streep jeune. L'ambiance très "années 80" n'aide de surcroît pas les choses. Il faut ainsi voir les coupes des acteurs, ainsi que la scène devenue mythique où Jesse range sa chambre en écoutant "Touch me (all night long)" de Cathy Dennis: probablement la scène la plus kitsch de tous les temps!
Outre le fait que le réalisateur eut apparemment envie de suivre l'ambiance du premier opus, un soin tout particulier a été apporté au personnage de Freddy. Bien que l'on en apprenne pas plus sur les origines de ce croque-mitaine, ni sur ses réelles motivations -si ce n'est de tuer dans le monde réel cette fois-, notre boogeyman possède une véritable carure, qu'il perdra malheureusement dans les épisodes suivants au profit d'un costume de "bon gars" qu'on souhaite voir tuer à tout bout de champ. Ici, le personnage est beaucoup plus sombre et aussi effrayant que dans le premier épisode: il suffit de voir le maquillage et les yeux absolument terrifiants de Freddy lors de la scène de la fête.
De plus, la scène finale dans l'entrepôt reste très sympathique, l'ambiance suréaliste (les chiens à la face humaine, Lisa n'arrivant plus à faire la part entre ce qui fait parti du rêve et ce qui n'en fait pas parti) ajoutant un peu de piment au tout.
Au final, malgré de nombreuses bonnes idées, le film, aux empreints très "gay" (le héros, interprété par un acteur lui-même homosexuel, découvre ses premiers émois hétéro et homosexuels, d'une part avec son entraineur et d'autre part avec Lisa) reste dans l'ensemble très médiocre pour rester dans les annales.
Une nouvelle famille, les Walsh, emménage dans l'ancienne maison de Nancy. Très vite, le fils, Jesse, commence à faire des cauchemars. Cette fois Freddy Kruger ne se contente plus de hanter les rêves des jeunes de Elm street, mais il entend bien posséder Jesse pour entrer dans le monde réel...
Abandonnant les personnages du premier volet, cette suite honorable au film de Craven se veut originale dans la façon que va utiliser Freddy Krueger pour parvenir à ses fins. Façon qui ne sera plus jamais utilisée, d’ailleurs, dans la série. C’est à travers le personnage de Jesse que Krueger va tenter de perpétrer ses meurtres, un peu à la manière dont celui-ci utilisera son comparse de Crystal Lake dans Freddy contre Jason.
La réalisation de cette suite a été confiée à Jack Sholder (Hidden) suite au refus de Wes Craven qui a toujours déclaré avoir été "dissuadé" de réaliser cette séquelle, la faute à un scénario trop inconsistant et mettant trop en lumière le personnage de Freddy. La vision du film confirmera les doutes à ce sujet, la principale faiblesse étant un script peu original et peu abouti. Certes, dans ce film Freddy demeure encore un personnage sombre, malsain et angoissant; très loin de ses futures pitreries, mais il ne constitue plus le croquemitaine ultime du premier film (notamment lors de la scène de la piscine où Freddy débarque dans la réalité en pleine fête ado au milieu de la bière et des merguez !!!).
Film hybride entre ce que sera la série par la suite et le côté horrifique du premier, La revanche de Freddy souffre malheureusement de trop de défauts pour emporter l’adhésion et se hisser au niveau de son prédécesseur.
Bien que se situant dans les eaux du vrai film d’horreur et pas encore engagé sur la future voie plus décontractée de la série, le film déçoit à sa sortie mais s’avère financièrement plus rentable que le premier volet (près de 30 millions de dollars de recettes au box-office pour un budget de 3 millions). Réservant son lot de séquences impressionnantes (l’éclosion "à la Alien", bien qu’un peu dépassée au niveau des effets spéciaux), on a malheureusement parfois l’impression d’assister à un fourre-tout d’idées pas toujours très pertinentes.
Par ailleurs, le film a du mal à provoquer un semblant d’angoisse ou d’inquiétude pour les personnages. Les effets spéciaux ont vieillis et les acteurs sont physiquement très encrés dans les années 80, ce qui rend l’ensemble parfois un peu kitsch ; notamment dans la boite de nuit (punk, prostituées, adeptes du cuir clouté,…). De même, on retrouve tout au long un esthétisme "gay tendance SM" qui classe vraiment ce film au rang de bizarrerie, on pense bien sur à la scène du meurtre sous les douches du prof de sport, mais ce thème sous-jacent est bien présent tout au long du film (notamment à travers le personnage de Jess).
Ajoutons à tout cela un jeu d’acteur assez moyen et nous avons là un film nettement inférieur aux Griffes de la nuit. Un film certes atypique et étrange mais qui semble inabouti. Sans aller assez loin dans sa folie mais sans être non plus assez horrifique, le film a du mal à trouver sa place et son propre ton.
Au final reste cette étrangeté qui baigne et accompagne l'inégal récit. Par la suite, les producteurs orienterons la saga vers plus d’humour et de délires visuels avec plus ou moins de bonheur selon les épisodes.
Ce film aura cependant eu le mérite d'imposer le personnage de Freddy dans la culture cinématographique et les 3eme et 4eme volet marqueront l'apogée de la popularité de la série...
Un épisode étrange mais loin d’être indispensable. Le film a mal vieillit et est qualitativement très loin du premier volet. Dommage, quelques idées étaient pourtant intéressantes…
Note du rédacteur: 5/10
Note moyenne de la rédaction : 5.25/10