Horreur.net - Critique de Monstres de l'espace, Les (1968)
Critique de Gillou
Londres. Lors du forage d’un tunnel de métro, des ossements sont découverts.
Le docteur Roney, anthropologiste reconnu, est persuadé que ces fossiles sont
ceux du chaînon manquant entre l’homme et le singe. Mais très rapidement les
travaux mettent à nu autre chose que des ossements. Ce qu’ils prennent d’abord
pour une bombe datant de la seconde guerre mondiale serait, selon le professeur
Quatermass, un vaisseau spatial. La découverte à l’intérieur de cadavres de
créatures étranges ne fait que le conforter dans sa théorie. Mais les autorités
militaires sont d’un tout autre avis. C’est alors que des évènements surnaturels
surviennent. Et si le vaisseau constituait toujours une menace ?
Voici l’un des nombreux fleurons de la Hammer. Cette fois c’est un film de
science-fiction pure et dure qui nous est proposé. Il s’agit en fait du troisième
volet d’une série mettant en vedette le professeur Quatermass, personnage très
connu outre-manche. Cette fois le professeur va se trouver confronté à un péril
inédit, en l’occurrence des Martiens qui menacent d’anéantir Londres...
Les Monstres de l’Espace (quelle traduction française stupide...) est un film
ambitieux, très ambitieux. Le scénario est tout à fait passionnant et regorge
d’idées fortes. Par exemple, les anciennes superstitions seraient des représentations
des extraterrestres (idée reprise 20 ans plus tard dans Lifeforce de Tobe Hooper).
Autre idée géniale : l’homme serait resté un primate sans l’intervention d’extraterrestres
5 millions d’années dans le passé (théorie qu’on retrouvera dans le chef d’œuvre
de Kubrick : 2001, L’Odyssée de l’Espace).
Pour illustrer un scénario aussi riche, la Hammer s’est donnée les moyens
de ses ambitions. Nanti d’un budget confortable, Roy Ward Baker soigne ses mouvements
de caméra et ses décors. Les effets spéciaux, s’ils sont assez sommaires (rappel
du contexte : nous sommes en 1967) n’en restent pas moins efficaces, notamment dans un final apocalyptique
qui là encore renvoie à Lifeforce. L’interprétation est très correcte, et les
fans reconnaîtront Barbara Shelley (Le Village des Damnés, Dracula
: Prince des
Ténèbres) et Julian Glover (Indiana Jones et la Dernière Croisade). On peut
cependant regretter une première partie qui traîne en longueur.
Bref, ne boudez pas votre plaisir et appréciez le charme suranné de ce film
fort sympathique.
En résumé:
Un film de science-fiction qui n'est pas tout jeune mais qui conserve le charme des productions de ce genre des années 60.
Note du rédacteur: 7.5/10
Note moyenne de la rédaction : /10