Premier essai transformé pour Spielberg qui livre un film culte dès sa première réalisation. Une mise en scène parfaite pour un suspense digne des plus grands maîtres. Souvent copié mais jamais égalé, Duel s’impose encore aujourd’hui comme la perle brute de son auteur.
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amusant, par ré-animagore88 (Leprechaun à Las Vegas)
Destiné au départ pour la chaîne ABC en tant que « téléfilm de la semaine », Duel fait partie de ces films qui tiennent du miracle et qui sont entrés dans la légende. Steven Spielberg a tout juste 24 ans lorsqu’il est engagé pour mettre en scène ce téléfilm dans un très court délai et en tournage studio. Sa persuasion lui permettra d’avoir l’autorisation de filmer en extérieur à condition de ne pas dépasser les délais de tournage : à savoir 10 jours (!). Ce délai sera dépassé de deux ou trois jours mais la qualité des scènes tournées fera patienter la production.
Inspiré par une nouvelle de Richard Matheson (un écrivain et scénariste mythique de la série La quatrième dimension) parue dans Playboy, Duel est le film qui a lancé la carrière de l'un des plus grands réalisateurs de notre époque. A noter que Matheson fût engagé pour rédiger lui-même le script de l’adaptation de sa nouvelle.
Chose rarissime, le téléfilm, suite à son succès et aux nombreuses demandes de rediffusion, fût distribué dans les salles des cinémas européens. Pour ce faire, environ 15 minutes furent rajoutées, parmi ces moments une scène de générique montrant le véhicule de David Mann quitter son garage puis traverser la ville, et une conversation téléphonique peu utile entre Mann et son épouse. Quelques années plus tard, cette version connaîtra également une sortie en salle aux Etats-Unis.
Véritable triomphe, le film va rapporter près de 6 millions de dollars de cette exploitation, et remporter notamment pour l’histoire le premier Grand Prix de la première édition du festival d’Avoriaz en 1973.
Le film raconte l’histoire de David Mann qui, sur une route désertique, va doubler un impressionnant camion-citerne. N’appréciant pas ce geste, le conducteur va repasser devant et empêcher Mann de passer. Ce qui commence comme un jeu va vite tourner au cauchemar. Très vite, David comprend que le conducteur du camion est prêt à aller très loin et qu’il est là pour le tuer...
C’est sur cette trame classique que Spielberg va véritablement exploser artistiquement. Pour lui cette histoire va être le prétexte pour montrer toute sa maestria dans la mise en scène. Le film développe ainsi une incroyable tension. Le héros est seul, isolé et se parle à lui-même. Ainsi, le réalisateur nous fait vivre la peur de cet homme en suivant son périple et en jalonnant la course poursuite de formidables scènes de suspense. L’arrêt à la station-service d’abord, puis la scène dans le restaurant où Mann observe tous les routiers présents au comptoir, se demandant lequel est le cinglé qui le poursuit. Mais aussi, la scène de destruction de la cabine téléphonique (véritablement effectuée par Dennis Weaver) et la scène du car scolaire. On pense alors beaucoup à Hitchcock et son jeu perpétuel avec le spectateur. Spielberg parvient à retenir l’audience en haleine grâce à ces moments de bravoure qui rappellent des films comme La mort aux trousses (North by northwest) ou bien encore Les oiseaux (The birds).
Par ailleurs, visuellement le film tient encore la route plus de trente ans après sa réalisation. Les scènes filmées en caméra embarquée et les affrontements dantesques entre le terrifiant camion et la pauvre petite voiture de Mann installent une menace perpétuelle. C’est bel et bien la mort elle-même qui rode et qui tente de frapper cet homme innocent, embarqué dans une histoire qui le dépasse et qu’il ne comprend pas. Ne lui reste alors qu’à oublier tout semblant d’éducation et de civilité pour retrouver ses instincts les plus primaires et bestiaux, et remporter ce duel de titan. Le bruit de dinosaure présent sur la bande-son (mais honteusement absent de la piste du dvd zone 2) lors de la destruction du camion, nous confortant dans cette vision d’un duel primaire mais toutefois réglementé (le camion attend à plusieurs reprises son adversaire pour continuer la poursuite en « gentleman »).
Ainsi, c’est par cette irruption soudaine dans le récit du comportement inexplicable du chauffeur et de sa folie meurtrière progressive, que le film fût en son temps rattaché au genre fantastique (à l’image encore des Oiseaux d’Hitchcock). Aujourd’hui encore, Duel frappe par une maîtrise et une virtuosité rarement rencontrée depuis. Illustrant un scénario très simple d’une façon dépassant toutes les espérances les plus folles, Spielberg réalise le premier chef-d’œuvre d’une longue liste à venir. Véritable leçon de mise en scène et de cinéma, le film est aujourd’hui un classique. Lorgnant vers Hitchcock et Sergio Leone (qui déclara que Duel est le meilleur film de son réalisateur), le film est une véritable perle de suspense. Un film simple mais exemplaire dont le découpage quasi parfait le place aux côtés d'un Psychose ou d'un Halloween.
Premier essai transformé pour Spielberg qui livre un film culte dès sa première réalisation. Une mise en scène parfaite pour un suspense digne des plus grands maîtres. Souvent copié mais jamais égalé, Duel s’impose encore aujourd’hui comme la perle brute de son auteur.
Note du rédacteur: 9/10
Note moyenne de la rédaction : 8.50/10