Persuadés que la lutte contre le vieillissement ne réside pas dans les crèmes anti-rides, un petit groupe de scientifique décide de partir à la recherche d'une orchidée pour en tirer un sérum d'une valeur, dans le sens financier du terme, inestimable. Cette orchidée pousse malheureusement dans une forêt infestée d'anacondas géants qui ont déjà su profiter des vertus de cette plante sauvage.
A part le fait qu'un des personnages du film fasse état d'une rumeur mentionnant l'existence d'anacondas géants, ce film n'est en rien une suite à Anaconda. Si ce n'est un souci affiché d'une surenchère avec l'anaconda décliné au pluriel. Pour le coup, les anacondas sont plus nombreux mais ils sont aussi beaucoup moins présents à l'écran et le film vire rapidement au "simple" film d'aventure. Certains paysages sont certes agréables à l'oeil, mais le réalisateur n'y est pour rien, car même sur Cannibal Holocaust, le grain de l'image nous laissait tout de même entrevoir des paysages qui ne peuvent laisser indifférent de par leur gigantisme et leur état sauvage. Dwight H. Little s'inscrit donc plus avec ce film dans la lignée d'un Sauvez Willy 2 que d'un Halloween 4, deux films dont il a été le réalisateur.
Au niveau du casting, le quota de minorités ethniques est scrupuleusement respecté, chacun incarnant comme il faut le rôle qui lui échut (le black rigolo, le black costaud...) ; par contre, le quota, si tant est qu'il devrait exister, d'acteurs de seconde zone, est largement dépassé. On notera particulièrement toute la retenue dans son jeu d'acteur du capitaine du bateau, bodybuildé, bougon mais qui cache un grand coeur ou encore l'insupportable obsédée du téléphone portable qui se croit dans une pièce de théâtre de fin d'année scolaire. En outre, grosse erreur à ne pas commettre : dans ce film, un singe est de la partie et celui-ci est beaucoup plus expressif que les acteurs. Cela fait mauvais genre.
Pour le scénario et les dialogues, ils ont beau avoir été nombreux à se pencher dessus, il ne faut pas s'attendre à des miracles, mais ce n'est pas ce que l'on attend de ce genre de films. Pourtant, certaines scènes frisent vraiment le ridicule, notamment ce combat corps-à-corps entre l'homme fort du film et un crocodile (j'en rie encore) ou encore cette idylle improbable entre cet homme fort encore et la blonde (je sais, je ne donne pas de nom mais les acteurs incarnent des stéréotypes avant d'incarner des personnages). Quant aux anacondas, ils sont beaucoup moins présents que dans le premier opus, et leurs attaques sont beaucoup plus (trop) propres. Les effets spéciaux de Dale Duguid m'ont laissé perplexe, de même que je préférerai toujours le requin des Dents de la Mer à celui de Peur Bleue.
Il fallait vraiment que les producteurs et le réalisateur soient aussi agiles que des serpents pour pouvoir se frayer un chemin jusqu'aux salles obscures avec un tel film...