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TRIANGLE

  EN BREF:

Juliano : (8/10)

Trois réalisateurs talentueux au service d’une œuvre commune, c’est alléchant. Surtout quand ces trois là réussissent à dépasser le simple exercice de style pour fournir un vrai polar intelligent, inventif et drôle. Bravo messieurs.

 

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TRIANGLE
( Tie Saam Gok - 2006)
 

Réalisé par Tsui Hark
Sortie le 16 Janvier 2008

Staff

8.008.008.008.008.008.008.008.00 (8.00)

Lecteurs

6.336.336.336.336.336.33 (6.33 - 3 votes)

Fiche

Critique

La musique du film

Visuels

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Avis des lecteurs (3) 

  Horreur.net - Critique de Triangle (2006)

Critique de Juliano (8/10)

Rien qu’à citer à voix haute le générique de Triangle, le projet fait saliver : Tsui Hark, Ringo Lam et Johnnie To, trois des plus grands acteurs actuels du cinéma de Hong Kong, aux commandes d’un même et seul film. Woouuah ! Il est vrai que même dans nos rêves les plus fous, on n’osait se l’imaginer. Et pourtant aujourd’hui, l’objet est des plus réels.

D’abord mettons les points sur les « i », le film n’a rien du tout d’une quelconque anthologie. L’association de ces trois talents ne pouvait pas donner qu’une simple réunification de récits individuels mis en boîte par chaque intéressé et n’ayant aucuns rapports direct entre eux. Non, la construction de Triangle est bien plus originale : l’idée a été de réaliser le premier long-métrage construit selon le modèle du cadavre exquis, un jeu crée par les surréalistes en 1920, qui consiste à faire composer une œuvre (une peinture, un texte…) par plusieurs personnes sans qu’aucune d’elles puissent tenir compte de la collaboration ou des collaborations précédentes. Ainsi parmi les trois metteurs en scène, un a choisi une thématique, un point de départ et s’est attelé à la première partie d’un scénario, puis l’a donné au suivant devant continuer à partir de ce qui avait été écrit, avant de le faire passer au dernier chargé de conclure l’histoire. Un concept des plus ambitieux, novateur… et périlleux. Car si tout cela apparaît comme franchement excitant, la nature du projet est aussi sacrément casse-gueule. Le risque étant de se retrouver face à un objet foutraque, en dent de scie et incohérent dans sa narration et sa mise en scène. Après vision du dit objet les craintes sont estompées, on vient bel et bien d’assister là à un vrai film.

En effet, Triangle est un excellent film noir (presque toutes les figures du genre sont présentes) conservant tout le long de sa durée une cohérence narrative raremant prise en défaut. C’est tout le mérite de notre fine équipe, d’avoir su rebondir sur le travail du précédent sans jamais le contredire, et d’aborder ses propres réflexions inhérentes au style de chacun : ainsi dans la partie centrale, Ringo Lam fait avancer le récit principal tout en le déviant pour se concentrer sur la filiation amour-haine du couple en crise Simon Yam/Kelly Lin (symbole de son rapport personnel avec le cinéma). Quant à Johnnie To il conclue le tout de manière magistrale avec son style tragico-ridicule à base de quiproquos pince sans rires (le film ne devient drôle que dans le dernier acte) et d’une décélération progressive de l’action, offrant une fois de plus une fusillade finale réellement novatrice. Concernant le segment introductif de Tsui Hark, il ne semble pas le plus pertinent ni le plus virtuose du triangle. Comme s’il s’était finalement éclipsé, ne posant uniquement que les premières fondations pour laisser la place de s’exprimer aux deux autres. Etrange, surtout quand on connaît la mégalomanie du monsieur, généralement incapable de ne pas imposer ses envies à ses confrères (on se souvient encore des divergences de points de vues avec Kirk Wong sur Gunmen et de sa dispute avec John Woo sur The Killer, ayant brouillée définitivement les deux anciens amis). Peut être parce qu’ici il impose sa patte non pas sur son segment mais sur l’ensemble du film.

La nature du projet en lui-même en est la meilleure preuve puisqu’elle apparaît comme totalement logique avec la politique de son initiateur, démontrant encore une fois sa volonté de faire naître un produit cinématographique uni, basé sur une fabrication « hasardeuse ». Ou comment faire arriver à une harmonie à travers le chaos. En choisissant comme thématique principale l’argent (responsable selon lui des problèmes de la société moderne) et en clôturant sa partie au moment crucial de la découverte du contenu du coffre (à Ringo Lam de trouver ce qu’il contient), Tsui Hark pousse ses deux confrères à remettre en question son travail et à faire basculer (mais sans le faire tomber) le récit afin de le dynamiser et de sans cesse surprendre le spectateur. Par ce fait, il leurs impose en quelque sorte sa volonté et sa logique qu’ils finissent - volontairement ou non - par adopter. En témoigne la démultiplication des sacs, au cours du segment de Johnnie To, rappelant le dédoublement des éléments dans Time & Tide. Au final, même si le style de Tsui Hark ne frappe pas tout de suite dans Triangle, le film en porte indubitablement sa marque. Attention il n’est pas dit que le mérite revient entièrement à l’auteur de The Blade ! Les réalisateurs de City on Fire et d’Exilé sont tous aussi méritants et se doivent d’être félicités. Seulement il semble qu’ils furent, d’une certaine manière, des outils au service du premier sans pour autant s’être vus restreints dans leur création. Tsui Hark aurait-il alors trouvé le moyen idéal de collaborer fructueusement avec d’autres artistes n’ayant pas forcément les mêmes ambitions que lui ? Possible. Ce serait le signe d’une maturité acquise et ça c’est encourageant.

En définitive, la réussite de Triangle prouve que ce genre de numéro d’équilibriste fonctionne s’il est traité avec soin, et ouvre grand la voie à d’autres tentatives. D’ailleurs, on espère vraiment voir prochainement différents réalisateurs issus de divers horizons, s’essayer à ce type de création afin de nous livrer quelques futurs beaux cadavres (exquis). Au petit jeu des spéculations on pourrait se prendre à imaginer la réunion du trio mexicain Guillermo del Toro (Le labyrinthe de Pan), Alfonso Cuaron (Les fils de L’homme) et Alejandro Gonzàles Inàrritu (Babel). Ça fait rêver, non ?

Le blog de Juliano

Juliano

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En résumé:

Trois réalisateurs talentueux au service d’une œuvre commune, c’est alléchant. Surtout quand ces trois là réussissent à dépasser le simple exercice de style pour fournir un vrai polar intelligent, inventif et drôle. Bravo messieurs.

 

Note du rédacteur: 8/10
Note moyenne de la rédaction : 8.00/10

 

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