Des étudiants en médecine, confrontés d'on ne peut plus près à la vie et son pendant nécessaire, la mort, décident sous l'impulsion d'un des leurs, Nelson (Kiefer Sutherland), d'explorer les territoires de la vie après la mort. Ils n'en reviendront pas indemnes.
Joel Schumacher nous offre un film sur un thème finalement assez peu traité, celui des NDE, Near Death Experience. A partir de cette légende, ou de ce fait, à chacun de se faire une opinion, qui veut que certaines personnes, alors qu'elles étaient cliniquement mortes, se sont vues flotter au-dessus de leur propre corps ou encore attirer par une lumière accueillante au bout d'un tunnel, le réalisateur livre une réflexion plus générale sur sans doute l'une des plus grandes énigmes qu'il est donné à l'être humain d'affronter : qu'y a-t-il après la mort ? Joel Schumacher décide de traiter cette question à travers une approche profondément morale et religieuse.
Le film bénéficie d'une équipe de choc, assez inhabituelle pour ce genre de films, tant au niveau du casting (Kiefer Sutherland, Julia Roberts, Kevin Bacon mais aussi William Baldwin et Oliver Platt) que de la réalisation. Le score non plus n'est pas assuré par un inconnu puisqu'il s'agit de James Newton Howard, le compositeur attitré de M. Shyamalan. Un score qui renforce l'ambiance mystique même si l'on pourra regretter ces interludes sur fond de musique rock qui cassent la tension et le rythme, et ce pas toujours à bon escient. Le jeu des acteurs est lui aussi convaincant, du fait de leur performance mais aussi sans doute du thème universel qui est au coeur de l'intrigue et qui facilite l'identification.
Ces tentatives de voyage dans l'au-delà s'apparentent en réalité à un chemin de croix au cours duquel chacun est amené à confronter ses propres fautes, réelles ou supposées telles. Ces états de transit entre la vie et la mort sont des manifestations du Purgatoire, où chacun a une chance de se racheter, mais aussi de réminescence d'expériences infantiles traumatiques. D'où le soin particulier apporté à la psychologie des personnages. Et peu à peu, pour certains, l'espoir qui les habitait à l'idée d'ouvrir cette porte vers l'inconnu va tourner au désespoir.
Ce film, naïf par certains aspects et assez classique dans sa réalisation (dans le sens "sans surprises"), reste malgré tout profondément marquant par son approche, somme toute plus humaniste qu'horrifique, de
l'après-mort.