On ne remerciera jamais assez Nu Image et UFO de nous abreuver en productions de série B qui lorgnent sans complexes vers le Z. Et je crois que c'est cela qui définit ces maisons de production, non pas de faire des nanars mais de les assumer pleinement. Au vu des premières minutes de Boa, le décor est planté : en plein antarctique, une prison de haute sécurité est construite dans le plus grand secret par les grandes puissances de ce monde (le film s'appelait à la base New Alcatraz mais, succès d'Anaconda oblige, il fut rebaptisé en conséquence). Cette prison doit accueillir à terme 25.000 prisonniers ! Mais ici, pour des questions de budget, il n'y en a qu'une petite dizaine, parmi lesquels le ministre de la défense tchètchène, excusez du peu. Manque de pot : alors que les travaux se poursuivent, ils perforent un tunnel contenant de l'azote avec un taux de concentration que l'on ne retrouve d'habitude que dans les laboratoires. Qui dit azote, dit préservation de la vie (on passera sur le peu de vérité scientifique du film qui n'a pas, loin de là, d'ambition documentaire et pédagogique) et effectivement, une espèce, ou plutôt un représentant d'une espèce préhistorique, a été conservé : un boa géant ! Pour lutter contre lui, on fait appel à un couple de scientifiques, chargé de seconder une équipe militaire. (Que dire aussi de l'utilisation au début du film de ces indicateurs horaires "22h32", "16h56", qui n'apportent rien au film si ce n'est des incohérences : un avion est intercepté dans l'Océan indien et, à peine une heure plus tard (à moins qu'une journée ne se soit écoulée, mais de cela, nous n'avons pas d'indication), ses occupants se retrouvent emprisonnés en Antarctique).
Tous les acteurs, Dean Cain en tête (le Superman de Lois & Clark), mettent beaucoup de bonne volonté dans leur rôle (on notera ici le jeu des acteurs dans l'avion lors des turbulences : la carlingue ne secouant pas assez, on voit bien qu'ils y mettent beaucoup du leur pour se secouer dans tous les sens) mais cela ne suffit pas à sauver l'ensemble d'autant que les apparitions du boa en CGI peinent à susciter la moindre émotion. Un boa qui, au lieu de broyer ses victimes et de les ingurgiter, a plutôt tendance à les tuer avec le bout de sa queue, aussi coupante qu'une lame, et à les manger sans oublier de mâcher. En voulant trop en faire au niveau des décors, notamment lors des scènes d'extérieur dans la neige ou dans la salle de contrôle truffée de caméras, Phillip J. Roth (qui a une prédilection pour la SF et les films de monstre : Velocity Trap, Dragon Fighter, Dark Waters) ne parvient pas à créer une réelle ambiance. A la différence du score qui est plutôt pas mal pour ce genre de production.
Comme l'on pouvait s'y attendre, le scénario étant cousu de fil blanc, les civils libèrent les détenus qui, puisqu'ils sont supposés être des pros de l'évasion, devraient augmenter leurs chances de survie. Parmi ces détenus, un pro de l'informatique mais à aucun moment, et cela est valable pour les autres, ses compétences particulières ne sont mises en avant ou utilisées. SPOILER D'ailleurs, comme l'on pouvait s'y attendre, seuls survivent les civils, le couple de scientifiques pour être plus précis. FIN SPOILER . L'élimination du boa en fin de métrage n'est pas sans rappeler celle d'Alien, le huitième passager, mais pour le coup, c'est beaucoup moins bien fait, pour ne pas dire ridicule mais ne nous en étonnons pas : avec ce genre de productions, on ne peut avoir que de bonnes surprises ; les mauvaises, on s'y est déjà préparé.