Jeffrey Franken (James Lorinz) est un jeune et brillant scientifique qui
refuse pourtant de poursuivre des études plus poussées en médecine. Il est fiancé
à la charmante Elizabeth Shelley (Patty Mulen). Mais au cours du repas
d'anniversaire du père de celle-ci, un accident avec une tondeuse à gazon coûte la vie à Elizabeth qui meurs dans d'effroyables circonstances. Désespéré, Jeffrey
vole la tête et les restes de quelques membres d'Elizabeth. Dès lors, il n'a
qu'une seule idée en tête : ramener à la vie sa bien aimée. Mais pour ce faire,
il va avoir besoin de membres humains. Il décide d'organiser une petite "fête"
avec des prostituées afin de trouver la "matière" pour donner à Elizabeth
le corps parfait...
Après Elmer le remue-méninges (Brain Damage, 1988), Frank Henenlotter,
suite au succès de son Frère de sang (Basket Case, 1982), se voit
commander une suite à son film. Henenlotter accepte à condition de pouvoir réaliser
avant son Frankenhooker. Nanti d'un budget réduit, Henenlotter
va à nouveau faire avec les moyens du bord et bricoler un film complètement
délirant.
Frankenhooker fait bien entendu référence au Frankenstein de
Mary Shelley (Shelley est d'ailleurs le nom de famille du personnage d'Elizabeth).
L'histoire s'inspire assez librement du roman de Shelley mais également du classique
de James Whale. Frankenhooker est un film à ne surtout pas prendre au
premier degré. De toute façon, les situations, toutes plus folles les unes que
les autres, ne peuvent conduire le spectateur à penser une seule seconde que
ce film se veut "sérieux". La scène d'intro donne d'ailleurs le ton
: Jeffrey, dans la cuisine (!) de ses beaux-parents, s'amuse avec une espèce
de cervelle avec un œil unique. La belle mère arrive pour lui demander de lui
rendre le ketchup (!) sans prêter attention à la cervelle qui frétille dans
le bocal posé sur la table. Quelques instants plus tard, il se retrouve dehors
pour assister à la remise des cadeaux de son beau-père : une belle tondeuse
à laquelle il a ajouté une télécommande à distance. Elizabeth appuie sur les
boutons sans penser une seconde qu'elle se trouve juste devant la tondeuse qui
démarre et la transforme en bouillie...
Malgré quelques petites longueurs, le spectateur ne décroche pas grâce aux
nombreux monologues de Jeffrey et à quelques séquences grattinées comme la petite
"sauterie" organisé par Jeffrey dans un motel crasseux de New York (on
retrouve là le Henenlotter de Frère de sang) où encore le parcours d'Elizabeth,
après sa "résurrection" qui revient dans le bar où Jeffrey avait rencontré
le proxénète Zorro (!) à qui il s'était adressé pour trouver des filles plantureuses.
On appréciera également la fin du film au cours de laquelle Henenlotter nous
prouve une nouvelle fois son affection pour les créatures difformes et
socialement "exclues" (le frère siamois dans Frère de sang,
les prostituées dans Frankenhooker).
Si les effets-spéciaux ne sont pas toujours de grande qualité (il faut naturellement
prendre en compte les conditions matérielles et budgétaires dans lesquelles
le film a été tourné), ils n'en demeurent pas moins efficaces et collent parfaitement
avec le cachet "délire" du métrage. Les acteurs y mettent vraiment
du leur (la palme revenant à James Lorinz, vraiment excellent dans le rôle de
Jeffrey) et tirent réellement le film vers le haut.
Beaucoup de nudité gratuite, de séquences originales, de passages gore sympas,
d'humour et de dérision : le cocktail séduisant de Frankenhooker !