Après le décès de sa femme, Jonathan Rivers (Michale Keaton) est contacté par une personne qui dit communiquer avec sa femme. Sceptique au début, Jonathan va découvrir que les morts peuvent communiquer avec les vivants, pour le meilleur et pour le pire.
Geoffrey Sax, après plus de vingt ans au service de la télévision, nous propose ici son premier film, film qui traite d'un phénomène paranormal assez peu décliné à ce jour au cinéma, à savoir les EVP (Electronic Voice Phenomenon). Toutefois, vu que la plupart des sursauts que vous procurera ce film (assez limités il est vrai) sont liés à l'écran de télévision, le succès de Ring et de son remake américain Le cercle n'est sans doute pas étranger au choix du sujet principal. L'inconvénient avec un phénomène tel que l'EVP est qu'il est essentiellement auditif ; quant aux visuels parfois enregistrés sur un écran, la qualité est des plus suspectes. Le format film n'est donc pas nécessairement le plus adéquat puisqu'en la matière, l'image prédomine.
Difficile donc de faire un film sur un sujet qui ne propose presque rien à voir. D'où les écarts du réalisateur avec le phénomène des EVP tel qu'il est connu, afin d'ajouter plus de sensationnalisme mais aussi plus de visuel au tout. Des entorses à la réalité du phénomène qui sont malheureusement nécessaires pour convaincre le spectateur car devant ces sons quasi inaudibles ou ces images quasi invisibles, il est difficile d'y croire et donc de compatir avec le héros. Un héros incarné avec sobriété par Michael Keaton (Batman) mais dont l'adhésion si rapide à la théorie des EVP est difficilement croyable, même si l'on prend en considération le choc que peut constituer la mort soudaine d'un proche. Après un début qui laisse assez froid, surtout que le côté grande maison en banlieue - 4x4 - couple d'architecte et d'écrivain à succès n'aide pas à l'identification, le spectateur rentre malgré tout dans l'intrigue et le film réserve d'ailleurs de bons moments de suspense, même s'ils sont assez convenus.
Malgré de réels efforts au niveau de la mise en scène et de la photographie, avec un environnement visuel qui tent à se dépouiller à mesure que Jonathan sombre de l'autre côté du miroir, celles-ci ne laisseront pas un souvenir impérissable, l'un des points forts de ce film étant plutôt la bande-son, particulièrement soignée (pour le sujet, il valait mieux).
Indépendamment aux EVP, il fallait développer une intrigue. Le film offre ici un dénouement que rien ne laissait présager alors qu'il était tout à fait possible de ne pas centrer toute l'intrigue du film sur le personnage de Michael Keaton et de dévoiler progressivement le dénouement. En outre, La voix des morts appartient à cette liste des films qui ne savent pas se terminer. Plutôt que d'opter pour une fin "définitive", le film se traîne et nous offre en particulier une scène assez ridicule.
Pour finir sur le jeu des acteurs, il reste sobre, c'était d'ailleurs la volonté de Michael Keaton, mais trop de sobriété tue la sensibilité de telle sorte que les acteurs se laissent vite emportés par le scénario, sans parvenir à y imposer leur marque (mis à part Ian McNeice qui incarne Robert Price).