Nouvelle adaptation d’un comic-book américain, Constantine offre
une relecture originale et spectaculaire de l’éternelle lutte entre anges et
démons. Dans le rôle titre, Keanu Reeves est parfait
John Constantine (Keanu Reeves) a un don. Il discerne les anges et les démons
qui se cachent derrière les enveloppes corporelles humaines. Exorciste de son
état il s’acharne à renvoyer en enfer les esprits malins qui cherchent à posséder
les humains. Un jour il est contacté par Angela Dodson (Rachel Weisz), inspectrice
de police, dont la sœur jumelle Isabel vient de mourir. Tout porte à croire
que c’est un suicide mais Angela refuse d’y croire. Très rapidement Constantine
va prendre conscience d’un complot visant à rompre l’équilibre entre les forces
du bien et du mal, complot dans lequel Angela est impliquée malgré elle. L’humanité
va-t-elle plonger en enfer ?
Dans le sillage des adaptations de bandes dessinées plus ou moins réussies
qui sont particulièrement à la mode nous arrive ce Constantine, à l’origine
un comic-book signé Jamie Delano et Garth Ennis intitulé "Hellblazer"
(toute ressemblance avec Hellraiser serait tout à fait fortuite !). Cette
série est assez populaire aux Etats-Unis, bien que pas franchement grand public
car plutôt sordide et violente. Evidemment, passée entre les mains d’un gros
studio (Warner) il ne faut pas s’attendre à des débordements sanglants et glauques.
Mais si les fans du comic-book peuvent légitimement se sentir lésés, les autres
peuvent y trouver leur bonheur.
En fait il faut prendre Constantine pour ce qu’il est : une grosse
série B. A partir de ce constat, on peut sans honte aucune se laisser prendre
à ce jeu de piste démoniaque proposé par le talentueux Francis Lawrence. Pour
ses débuts au cinéma, le jeune réalisateur fait preuve d’un vrai sens de la
mise en scène, aussi à l’aise dans les séquences à effets-spéciaux que dans
les scènes plus intimistes. Il est bien épaulé par la superbe photographie du
français Philippe Rousselot, par des effets visuels surprenants (la représentation
de l’Enfer est vraiment originale) et par des décors plus vrais que nature.
Mais au-delà de l'aspect visuel, c’est le fond qui force l’intérêt.
Le scénario est un habile mixage entre influences (L’exorciste, évidemment,
mais aussi Blade) et idées originales. Ainsi notre monde est peuplé d’anges
et de démons qui se livrent une guerre d’influence pour faire pencher la balance
de leur côté. La guerre se fait bien sûr à l’insu des êtres humains, et reste
"fair-play" avec ses trêves et ses zones neutres. Au milieu de ce
conflit éternel se trouve Constantine, détective du surnaturel, qui vit son
don comme une malédiction, lui qui a été traumatisé dans sa jeunesse par des
visions qu’il ne pouvait comprendre. Marqué par un évènement passé qui le condamne
aux tourments de l’Enfer, il cherche à se racheter pour sauver son âme. Interprété
par un Keanu Reeves très juste, cet anti-héros solitaire, désabusé, cynique,
fumeur invétéré détonne complètement par rapport aux super héros bien propres
sur eux. Les autres personnages sont également très intéressants, notamment
Gabriel incarné par la sublime Tilda Swinton. Et on n’oubliera pas de sitôt
l’apparition de ce bon vieux Peter Stormare (Le Monde Perdu, Minority
Report) dans un final assez dantesque, quoique un poil trop long. Alors
laissez-vous tenter par ce film malin et rondement mené, vous êtes certains
de passer un bon moment.
En résumé:
Nouvelle adaptation d’un comic-book américain, Constantine offre
une relecture originale et spectaculaire de l’éternelle lutte entre anges et
démons. Dans le rôle titre, Keanu Reeves est parfait
Note du rédacteur: 7.5/10
Note moyenne de la rédaction : 6.25/10