Tobe Hooper livre son meilleur film depuis 20 ans. Pas un chef-d’œuvre mais un petit slasher bien mené dans sa première partie, qui n’évite cependant pas les écueils du genre dans son dernier acte. A voir en espérant avoir assisté à un véritable retour en forme du cinéaste et pas à une simple résurgence passagère.
Tobe Hooper est définitivement un cas à part. Mythique réalisateur pour son premier film du cultissime Massacre à la tronconneuse, Hooper peine depuis celui-ci à justifier son statut de très grand metteur en scène. Par la suite, le cinéaste parviendra au mieux à réaliser d’honnêtes films de genre (Death trap, The funhouse, The Texas chainsaw massacre 2, et surtout Poltergeist), et au pire à se hisser au niveau des plus mauvais tâcherons (Night Terrors et Crocodile pour ne citer que ceux-là).
En définitive, voici donc près de 20 ans et Massacre à la Tronconneuse 2 que Tobe Hooper ne nous a pas livré un véritable bon film. Depuis le temps que le grand retour en forme du cinéaste est annoncé, inutile de dire que l’on n’attendait plus grand chose de l’annonce de la sortie d’un nouveau film, en l’occurrence de Toolbox Murders, son dernier opus présenté dans de nombreux festivals et remake d’un obscur slasher de la fin des seventies (The Toolbox murders – Dennis Donnely / 1978).
L’original racontait l’histoire d’un tueur particulièrement et quasi exclusivement inspiré par sa caisse à outil. Cette idée de base, Hooper va essentiellement la reprendre pour les scènes de meurtres, véritables prétextes à l’utilisation peu habituelle de tous les ustensiles de bricolage disponibles. La différence majeure entre les deux films vient de la dimension fantastique instaurée dans le remake.
Fraîchement installés dans un vieil immeuble, ancien hôtel Hollywoodien, ayant abrités de sombres histoires et lieu d’un célèbre crime des années 40 : l’affaire du Dahlia noir; un jeune couple campé par Brent Roam et l’excellente Angela Bettis (fabuleuse dans May de Lucky McKee dont de nombreux techniciens ont également travaillé sur Toolbox) comprennent vite qu’il se sont fait roulés et que le faible loyer est tout à fait justifié. Institutrice au chômage, Nell passe ainsi ses journées chez elle et la minceur des murs lui permet de ne rien manquer de la vie des différents voisins. Bientôt d’inquiétants évènements, d’étranges signes disposés à chaque étage et des disparitions amènent le personnage d’Angela Bettis à mener sa petite enquête. Très vite elle va découvrir l’architecture très particulière des lieux…
On l’a dit, Hooper nous a tellement déçu avec ses derniers films que l’on ne fondait pas énormément d’espoirs sur sa dernière réalisation. Et bien en définitive, la surprise est plutôt bonne, très bonne même si l’on se réfère à la première partie du métrage. Installant une ambiance glauque dans laquelle on sent une certaine folie, le cinéaste parvient à nous intéresser à cette histoire d’ancien hôtel mythique plein de secrets. En outre, le suspense monte progressivement lors de scènes de meurtres ne lésinant pas sur le gore et capables d’innovation et d’originalité par certains moments. Certes, le gros Jason a à peu près massacré avec tout ce qui était possible et imaginable. Dès lors, difficile d’apporter une touche de nouveauté dans le genre, pourtant Hooper s’en sort plutôt bien avec un budget assez maigre grâce à des décors et un éclairage qui apportent un grain d’inédit à l’histoire, et des meurtres sanglants et sadiques à souhait. Aussi, la première partie du film s’avère être une réussite qui se suit sans déplaisir. Le dernier acte en revanche peine à donner son second souffle au métrage et l’intérêt que l’on porte aux personnages va s’étioler avec la découverte des motivations (si on peut appeler ça comme ça) du tueurs et de son identité. Aussi, le mystère installé progressivement est immédiatement détruit par une fin un peu trop vite expédiée, et l’aura maléfique habitant notre « spécialiste de l’outillage » va très vite disparaître au profit d’un tueur classique increvable et déjà vu mille fois. En prime, (attention SPOILER !) Hooper nous gratifie d’une fin pompée sur celle de Halloween de John Carpenter et laissant la porte ouverte à une éventuelle séquelle. Du classique donc, mais rien qui ne plombe définitivement ce qui a précédé. Tobe Hooper nous offre un slasher sympathique qui sans révolutionner le genre constitue un honnête divertissement.
Tobe Hooper livre son meilleur film depuis 20 ans. Pas un chef-d’œuvre mais un petit slasher bien mené dans sa première partie, qui n’évite cependant pas les écueils du genre dans son dernier acte. A voir en espérant avoir assisté à un véritable retour en forme du cinéaste et pas à une simple résurgence passagère.
Note du rédacteur: 6.5/10
Note moyenne de la rédaction : 6.50/10