Après le suicide de sa femme, David Callaway (Robert De Niro) s'installe à la campagne avec sa fille (Dakota Fanning), fortement marquée par le décès de sa mère. Alors qu'il pensait que ce changement d'air serait salutaire, David réalise que sa fille s'est inventé un ami imaginaire, Charlie, dont les agissements sont des plus répréhensibles.
Tantôt acteur tantôt réalisateur, John Polson nous livre ici un de ces thrillers teintés de fantastique qui, régulièrement, pénètre les salles obscures, sans laisser de traces, à l'instar d'un Godsend, expérience interdite (dans lequel jouait d'ailleurs déjà De Niro), même si le pitch de départ augurait d'un film plus intéressant que le résultat final.
Le jeu d'acteurs n'est pas à remettre en cause ici, même si De Niro fait un peu pantouflard : la petite Dakota est particulièrement convaincante dans son rôle ; de même que les voisins, qui ont perdu leur jeune fils, sont intriguants. Et justement, sur ces voisins, leur histoire, on aurait souhaité en savoir plus car, assez tôt, le spectateur pressent qu'ils ne sont pas étrangers à l'existence de ce Charlie. Que dire aussi de la découverte de cette cave dans la maison où les protagonistes viennent d'emménager où l'on découvre un lit et un vélo d'enfant ? Bah, rien justement car tout ce pan du scénario est rapidement abandonné par Ari Schlossberg qui s'essaie à l'écriture pour la première fois. Au contraire, il privilégie un twist qui intervient trop tôt dans le déroulement de l'intrigue et tue dans l'oeuf tout espoir de l'amateur de fantastique.
Le suspense est pourtant bien là à diverses reprises, mais l'aspect répétitif de certaines scènes sans que cela ne mène à rien se révèle vite décevant. John Polson ne parvient pas à créer une atmosphère suffisamment pesante et prenante, tant au niveau de la réalisation que de la photographie. Le film n'est pas mauvais pour autant mais il n'est définitivement pas exceptionnel.
Quant au fait que les copies du film aient été distribuées dans un premier temps par la Century Fox sans la fin, afin d'éviter toute fuite, une première en 70 ans, et quant à la rumeur, qui serait avérée, que le film ait deux fins différentes, l'une se terminant dans une chambre, l'autre par un gros plan sur un dessin de la jeune Emily, c'est vraiment faire beaucoup de bruit pour un film qui n'en méritait pas tant, ou qui ne pouvait en susciter que par ce type de stratagème...