Un excellent film du milieu des années 80 et l’un des meilleurs films du cinéaste. Un plaisir de spectateur, après Gremlins, le duo Spielberg/Dante remet le couvert avec presque autant de bonheur.
En 1984, Joe Dante obtint le plus grand succès de sa carrière avec le fabuleux Gremlins. Cependant, il se murmure que les relations entre le cinéaste et son producteur, qui n’est autre que Steven Spielberg, furent par moment tendues. En effet, ce dernier fût souvent en désaccord avec Dante sur l’orientation à donner au film. L’un préférant se consacrer davantage au personnage de Gizmo (tonton steven) et l’autre aux horribles Gremlins (tonton Joe). Au final, le film sera pourtant un fantastique équilibré entre les deux qui aboutira à une réussite. Cependant, Dante préfère prendre son envol et s’éloigner du parrainage de Spielberg le temps du film : Explorers. Pourtant, cela s’avérera un échec au niveau de la production puisque Dante aura bien des difficultés à imposer sa vision d’origine et que le film sera très mal distribué.
En 1987, celui-ci revient alors dans le giron de Spielberg pour réaliser Innerspace, film reprenant le thème du film de Richard Fleisher : Le Voyage Fantastique (1966). Le Lieutenant Tuck Pendleton, pilote casse-cou et refusant l’autorité quitte l’armée de l’air pour rejoindre une mission scientifique secrète sur la miniaturisation. Ce dernier doit ainsi être réduit à bord d’un module de la taille d’une tête d’épingle et injecté dans le corps d’un lapin. Cependant, l’expérience tourne mal lorsqu’un groupe armé fait irruption dans le laboratoire. Après une course poursuite qui finit dans un centre commercial, la seringue contenant le module va être injecté dans la fesse de Jack lutter, un caissier hypocondriaque et mal dans sa peau. Pendleton se retrouve alors dans le corps d’un inconnu et se branche sur son globe oculaire et son tympan. Dès lors capable de communiquer et de voir ce que voit Putter, le duo aidé de Lydia (l’ex du lieutenant jouée par Meg Ryan) dispose de 24h pour retrouver une puce volée permettant le ré-agrandissement. Passé ce délai, le module n’aura plus d’oxygène…
Autant le dire tout de suite, nous sommes bien en présence d’un film de Joe Dante. Film d’aventure mené à un rythme effréné et apportant son lot de scènes à l’humour grinçant et décalé, le cinéaste livre un film particulièrement réjouissant et véritablement représentatif de son style inimitable.
Doté d’un casting irréprochable composé d’habitués du réalisateur (Dick Miller, Kevin McCarthy, Robert Picardo (formidable « cow-boy ») mais aussi des excellents Dennis Quaid (dans l’un de ses meilleurs rôles), Meg Ryan (l’un des ses personnages les plus marquants) et Martin Short (vraiment formidable dans le rôle de Jack Putter et revu par la suite dans une scène mémorable de Mars Attacks ! de Tim Burton)).
Du tout bon donc pour un film qui tranche franchement avec les standards habituels de la production. Dante prend un malin plaisir à insuffler à son film une touche de folie à travers des personnages rocambolesques tel ce cow-boy interprété par Robert Picado, tueur à la réputation légendaire mais pourtant pitoyable ; ou encore ce Victor Scrimshaw, mafieux d’opérette lui aussi pitoyable qui finira, ainsi que son adjointe, avec une taille d’à peine 90 cm, ce qui donnera lieu à de nombreuses séquences décalées (ex : le coup de téléphone, le final dans la valise…).
La richesse des personnages et des situations amène ainsi le spectateur à assister à un spectacle captivant doté d’effets spéciaux magnifiques lors des scènes de voyage dans le corps humain. Captivant, drôle, magique (la scène où Tuck s’aperçoit que Lydia est enceinte), mené sur un rythme échevelé et trépidant, L’aventure intérieure fait parti des tous meilleurs films de Joe Dante aux cotés de Gremlins, Hurlements et Matinee. Une œuvre typique des excellentes productions Spielberg des années 80 qui ne dépare pas avec les Retours vers le futur, Les goonies et autres réussites du fantastique grand public de cette époque.
Le film qui sut trouver son public en France (1.700.000 entrées) essuiera malheureusement un échec outre-atlantique, la faute à une campagne publicitaire complètement à coté de la plaque, faisant passer le film pour un objet indescriptible plutôt orienté pour le jeune public. Erreur totale, Innerspace, est un film destiné à un public adulte désireux de passer 2h00 d’action et d’aventures intelligentes soupoudrées d’un humour corrosif et jouissif. Une œuvre majeure du cinéaste à n’en pas douter.
Un excellent film du milieu des années 80 et l’un des meilleurs films du cinéaste. Un plaisir de spectateur, après Gremlins, le duo Spielberg/Dante remet le couvert avec presque autant de bonheur.
Note du rédacteur: 9/10
Note moyenne de la rédaction : 8.40/10