Est-il encore utile de présenter Robert Zemeckis ? A la poursuite du diamant vert, la trilogie Retour vers le futur, Forrest Gump, Seul au monde, Le Pôle Express,... et le film qui nous intéresse ici, Apparences, mineur dans sa filmographie mais qui porte indéniablement la griffe d'un réalisateur talentueux.
Le docteur Norman Spencer (Harrison Ford) et sa femme Claire (Michelle Pfeiffer) habitent une riche demeure au bord d'un lac en Nouvelle-Angleterre. Lui passe ses journées et ses soirées sur ses recherches ; elle s'ennuie à la maison, d'autant que sa fille est partie à l'université. Cet ennui lui pèse tant qu'elle en vient à soupçonner son voisin d'avoir tué sa femme et, peu à peu, elle est elle-même victime d'étranges visions.
Avec Apparences, Zemeckis réalise avec maîtrise, mais sans aucune prétention mal venue, un bon thriller teinté de fantastique. Ce qui frappe d'abord dans ce film, ce sont ses nombreuses allusions au cinéma hitchcockien : au-delà des clins d'oeil évidents à Fenêtre sur cour, Psychose, il y a également toute une atmosphère que Zemeckis est parvenu à recréer. Toute la fin du métrage est assez symptomatique à cet égard. Dans certains plans, on ne peut s'empêcher de sentir le réalisateur qui, humblement, rend hommage à ses maîtres. La mise en scène est millimétrée du début à la fin, le tout bénéficiant de la photographie de Don Burgess, un habitué de Zemeckis mais qui a aussi travaillé sur Spider-Man qui fait peser un voile aquatique sur l'ensemble du métrage, et la musique d'Alan Silvestri, lui aussi un habitué (la trilogie des Retour vers le futur entre autres, mais aussi Predator et Predator 2). Bien que ce film soit empreint d'un réel classicisme, les effets spéciaux sont présents mais utilisés avec parcimonie.
Le scénario, quant à lui, est assez bien trouvé puisqu'après nous avoir menés sur une fausse piste, il se recentre sur l'intrigue principale. Une intrigue qui n'est pas dépourvue de montées d'angoisse ni de brusques retournements de situation. Aujourd'hui, notamment dans les films asiatiques, l'eau est partout (Dark Water, Ring) mais rarement le thème de la noyade aura été si développé dans un film (même si la noyade de Michelle Pfeiffer dans la baignoire n'est pas sans rappeler Les diaboliques de Clouzot - 1955).
Le jeu des acteurs reste inspiré avec un Harrison Ford, dans un rôle à contre-emploi intéressant, et une Michelle Pfeiffer, sur qui le film est définitivement centré, particulièrement convaincante dans son rôle de femme vulnérable qui cache en elle une réelle force.
Apparences reste un film de qualité où toute l'équipe semble s'être fait passer le mot : faire passer un bon moment au public, en lui provoquant des sueurs froides tout en respectant les règles du genre.